Une messe de Toussaint particulière

Samedi 31 octobre, en l’église St Jean, à 17 h, horaire tout à fait inhabituel, une messe de Toussaint particulière  a eu lieu, car nous faisions aussi mémoire de Pierre Loizeau, décédé il y a deux mois, répondant à la demande de certains de ses amis.

Pierre était prêtre ouvrier retraité, bien connu à travers les Jardins du Cœur,  le syndicat CFDT, et la Maison d’Arrêt de Fontenay où il célébrait depuis 14 ans, la messe dominicale chaque mois et participait aux rencontres. C’était un homme simple, fraternel, profondément humain, attentif aux plus faibles, un prêtre des « périphéries » grâce à sa grande ouverture.

Conjuguer une messe de Toussaint avec une messe du Souvenir pour une personne particulière pouvait surprendre… pourtant en écoutant la lecture du livre de l’Apocalypse de St Jean, nous pouvons voir Pierre dans la foule innombrable en vêtements blancs qui se dirige vers l’Agneau… ou bien parmi celle qui écoute la Parole de Jésus dans l’Évangile…  « Ils sont heureux, ceux qui ont un cœur de pauvre… ceux qui sont doux…  ceux qui sont bons pour les autres…ceux qui font la paix autour d’eux…  » Pierre a rejoint la foule des saints invisibles, ceux qui parlent peu mais témoignent par leur action.

Depuis la reprise de nos célébrations au printemps, beaucoup d’entre nous ont du mal à retrouver  un esprit de communion au cours des célébrations, les visages masqués, la dispersion dans les églises, contribuent au climat oppressant que nous ressentons.

Au cours de cette messe au contraire nous pouvions vivre cette communion étant tous, ou presque tous, avec nos pensées, nos souvenirs concernant  Pierre, dans un vrai partage.  

Deux de ses amis, prêtres ouvriers, étaient présents, Gérard qui célébrait, Serge qui a communiqué des réflexions que Pierre avait notées.

Jean-Jacques de la CFDT est également venu témoigner de l’engagement de Pierre.

Jojo qui fut aumônier à la prison a évoqué avec émotion son « grand frère »  et les 10 ans de leur service, ensemble, auprès des personnes détenues.

Un dernier mot à été lu, il émanait d’Ali, l’aumônier musulman des prisons de la Roche et de Fontenay. Il aurait dû venir avec son épouse. Mais les nouvelles dispositions sanitaires  l’en ont empêché, ainsi que la famille de Pierre.  Il y avait joint  le communiqué du  « Conseil Français du Culte Musulman » à la suite de l’attentat commis dans la basilique de Nice, qui a été partagé avec l’assemblée. Nous étions en union avec les victimes, et avec les musulmans de France qui condamnent ces faits avec la plus grande vigueur.

Pierre aura laissé une trace et ne doutons pas qu’il soit accueilli dans la grande famille des Saints et Saintes de Dieu que nous célébrions ce jour. 

Marie-France DAUCE

Merci Pierre

Pierre LOIZEAU nous a quittés le 31 août dernier : un compagnon fidèle de l’équipe de l ’aumônerie de la prison de Fontenay. Témoignage, au nom de l’équipe, de Robert PONCHON, aumônier de la maison d’arrêt.

Pierre a été, au sein de l’aumônerie de la prison de Fontenay, un « compagnon de route » durant 14 années : 10 ans avec Jojo VION et depuis quatre ans avec moi et toute l’équipe. Il faisait partie intégrante de notre équipe en participant à toutes nos rencontres et en présidant les célébrations eucharistiques mensuelles à la maison d’arrêt.  C’était aussi pour moi, un confident au quotidien pour partager telle ou telle situation.

Ayant questionné les membres de l’équipe actuelle, voilà ce qui a jailli spontanément :

  • Un compagnon fidèle, formidable (Pierre aimait ce mot « formidable ». Combien de fois l’avons-nous entendu nous dire « c’est formidable » quand nous faisions état d’un partage en confiance dans nos temps de relecture ;
  • Un prêtre des périphéries, pour une Église ouverte. Proches des blessés de la vie : à la prison mais aussi aux jardins du cœur, comme à coup sûr dans sa vie professionnelle comme chauffeur routier et dans ses engagements à la CFDT. Lors des célébrations à la maison d’arrêt, il donnait la parole aux gars, reprenant simplement ce qui fait sens et échos à l’Évangile. Il avait vraiment un regard et une attention aux plus fragiles…
  • Un frère au sein de notre équipe : simple, profond, ayant une foi tranquille pleine d’humanité, humble, discret, disponible, fraternel.

Oui Pierre, n’aurait pas aimé que nous fassions de tels éloges en direct, car très discret.  Mais combien je le reconnais dans ces propos partagés au sein de l’équipe.

Pierre n’est plus à portée de notre vue. Il va nous manquer, me manquer !  Mais demeurent l’amitié, la vie et la mission que nous avons partagées, le service commun. Toutes choses qui ne s’effacent pas. Depuis son départ nous avons célébré l’eucharistie deux fois à la maison d’arrêt (une fois par mois, et les autres dimanches nous proposons : rencontre bible, groupe d’échange, célébration de la Parole. Une reprise que Pierre n’a pu assurer après la longue période d’interruption liée à la crise sanitaire. Pierre demeure avec nous autrement.

Merci à Pierre, fidèle compagnon de route.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est img_20200518_192842-004-pierre-loizeau-r.jpg

« Laudato Si »

Ce vendredi 25 septembre, la célébration eucharistique de rentrée au collège Saint Joseph s’est colorée du thème d’année « Osons un monde nouveau, prenons soin du Vivant ! » dans les chants, prières et vidéos afin de créer un climat propice à l’écoute, à la conversion écologique et spirituelle…

Rassemblés par le Seigneur, élèves, parents, professeurs, membres de la communauté éducative se sont retrouvés pour vivre un temps fort lors de la pause méridienne : messe joyeuse suivi d’un pique-nique convivial.

Nous sommes entrés dans la louange pour la Création en prêtant nos voix au nouveau chant « Laudato Si » composé par Patrick Richard durant le confinement puis en reprenant son plus connu psaume de la création.

Des citations du Pape François tiré de son encyclique ont nourri notre méditation avant d’entendre l’Évangile du jour dans lequel Jésus nous demandait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

Le Père François Bidaud nous a invités à accueillir « la vie donnée » par le Seigneur, à recevoir ses dons, à prendre soin de « la vie fragile », des camarades en difficulté, à vivre le respect dans nos relations et enfin à considérer que le Christ, par-delà ses souffrances, nous ouvre les portes de la Vie.

Après le Notre Père, nous nous sommes transmis la paix en reprenant le geste utilisé par les personnes sourdes.

Temps de partage et de communion, cette messe de rentrée nous a unis et fortifiés. Grâce aux « oui » et à l’attention de chacun, nous avons confié nos intentions au Seigneur dans un beau climat d’action de grâce et la confiance qu’Il sera présent avec nous tout au long de cette année scolaire.

D’autres temps fort à venir vont permettre aux élèves de réfléchir et de s’engager en faveur de l’environnement et des personnes qui souffrent dans notre « maison commune » : une course solidaire est déjà prévue avant les vacances de Toussaint au profit du CCFD-Terre Solidaire.

Pour l’équipe d’animation pastorale,
Sœur Isabelle

 

Solidarité, santé, liberté

C’était donc il y a un mois, dans la nuit du 22 au 23 mai que le gouvernement a publié le décret ouvrant la possibilité de célébrer dans les lieux de culte de manière moins restrictive que durant le confinement.

Les questions posées par Robert Guignard, et les quelques commentaires publiés m’amènent à partager ces réflexions personnelles.

Il me semble pertinent de nous interroger sur notre solidarité avec les autres traditions religieuses dans le monde multiculturel et plurireligieux de notre société française.

De quelle manière être solidaire ? Est-ce en n’exerçant pas le droit de célébrer reconnu par le Conseil d’État jugeant disproportionnées les mesures restrictives applicables à compter du 11 mai, début du « déconfinement » ?

La Conférence des Évêques de France tout en regrettant fin avril les restrictions qui allaient demeurer, n’avait pas porté l’affaire en justice. L’heure n’était pas à faire des démarches qui auraient pu être comprises comme polémiques. D’autres ont jugé utile de déposer un recours. Le Conseil d’État dit le droit et redit l’importance de la liberté de culte dans l’ensemble des fondamentaux de notre société. Libre à nous d’exercer ou non ce droit.

Le 23 mai au matin, il a fallu se décider rapidement.

Avec quelques paroissiens, et compte tenu des informations auxquelles j’avais accès par ma mission diocésaine, je connaissais déjà les éléments pour la mise en place des mesures sanitaires. Dans l’hypothèse d’une ouverture à la Pentecôte (le Premier Ministre ayant ouvert cette perspective début mai), le dispositif avait été mis en place dès le 22 mai à l’église Notre Dame.

Après avoir demandé si dans les autres lieux, des personnes pouvaient se mobiliser pour cette même mise en place, il a été possible d’annoncer la « reprise » des messes pour le samedi soir et le dimanche.

Aurait-il mieux fallu attendre en solidarité avec les autres confessions ou traditions religieuses ?

Si le confinement a pu redonner place à des liturgies domestiques, ravivant la dimension familiale, là où c’est possible, d’une vie de foi, le catholicisme se nourrit de ses rassemblements dans la diversité des personnes. Notre ancrage territorial (nombre d’églises), nos rites (pas d’ablutions avec de l’eau…), notre organisation (les paroisses confiées à des prêtres en lien avec un évêque) rendaient le rétablissement de nos eucharisties dominicales plus aisé.

Les autres traditions en ont-elles pris ombrage ? Certains ont pu s’exprimer en ce sens et peut-être en sera-t-il question lors du débat organisé par le Collège des Bernardins avec la participation de représentants de diverses religions ce mardi 23 juin à 18 h. Vous pourrez suivre le direct à 18 h sur le site de la CEF, sur la page Facebook du Collège des Bernardins ou sur Youtube (il n’est pas nécessaire d’avoir un compte pour suivre le direct).

J’avoue n’avoir pas pris en compte cette question, me réjouissant comme prêtre et curé de pouvoir célébrer l’eucharistie avec plus de laïcs dont beaucoup avaient été privés pendant plusieurs semaines.

Avec qui être solidaires et comment ?

Il a été bon de percevoir (ou entre apercevoir) le manque des communautés catholiques privées d’eucharistie plus souvent, plus régulièrement que nous, en Amazonie et ailleurs.

Mais quand nous pouvons célébrer, la solidarité entraîne-t-elle l’abstention à exercer notre liberté de le faire ?

Pourquoi alors célébrer l’eucharistie aujourd’hui en France alors que les résidents des EHPAD ne peuvent même pas parfois recevoir la communion ?

C’est un autre sujet, mais, il est question de liberté : vais-je m’abstenir de voter dimanche parce que d’autres pays n’ont pas le droit de vote ?

Mon raisonnement a des limites car il ne faudrait pas considérer l’eucharistie (et encore plus la communion reçue) comme un droit.

Il est bon pour la santé, je dirais même essentiel, de vivre ensemble l’eucharistie en y recevant toutes ses dimensions : vivre en communauté rassemblée, recevoir à l’Unique table Parole et Pain de Vie, en présence d’un prêtre signifiant que nous nous recevons du Christ ressuscité en vue d’être envoyés pour vivre de la charité active. C’est bien dans la solidarité avec les plus fragiles que notre témoignage sera le plus crédible, le plus audible et non dans ce qui pourrait être perçu comme des revendications catégorielles.

Il est bon de respecter les contraintes sanitaires, les assumant comme précieuses et fondées vu les inconnues multiples liées à cette épidémie, quand bien même d’autres les appliquent avec légèreté. Cela ne doit pas nous empêcher d’entrer dans le dialogue, le débat sur la place de la science dans la décision politique, la place du sanitaire et ce qu’il est au juste notamment pour des personnes vieillissantes se nourrissant comme tout à chacun de relations humaines, familiales, amicales.

Il est juste de nous retrouver souvent pour célébrer l’eucharistie pour que nos vies deviennent mieux irriguées par ce don gratuit de l’amour de notre Dieu dans le service humble et patient, la générosité inventive, la solidarité active.

François Bidaud

Ouverture des églises : entre joie et déception

Certains catholiques de France se réjouissent aujourd’hui 24 mai 2020, de l’ouverture de leurs églises au culte… On peut le comprendre… J’ai pour ma part de la difficulté à m’en réjouir vraiment.

Quelques évêques ont éprouvé le besoin de se plaindre à la mi-mai, des décisions de nos gouvernants, allant jusqu’à dénoncer des intentions malveillantes du Pouvoir à l’encontre de la Communauté Catholique de France. Se victimiser est une pratique classique pour faire du lobbying, et les élections se profilent pour fin juin. Tout cela est bien humain sans doute !

Ma pensée et ma prière iront prioritairement ce jour vers les communautés musulmanes, juives, et vers les chrétiens de l’Eglise réformée, qui sagement, et de manière plus responsable, ont préféré ne pas solliciter un traitement de faveur, et attendre que nous soyons plus avancés dans la période de déconfinement, pour apprécier quelle sera d’ici une semaine ou deux, l’évolution de la circulation du virus. On aurait pu pour le moins se montrer solidaires de nos frères et sœurs chrétiens réformés. C’est sans doute secondaire…

Aurions-nous oublié que les premiers clusters sont apparus en février-mars après des rassemblements religieux ? Réalisons-nous que nos assemblées dominicales sont constituées, dans nos régions, à 80 % par des personnes de 70 ans et plus, reconnues comme personnes fragiles ?

J’ai observé de près pendant deux mois, l’engagement, le professionnalisme, l’abnégation des personnels soignants et autres qui ont assuré à leurs risques et périls, dans les hôpitaux, les établissements médico-sociaux, ou à domicile, une présence efficace et délicate auprès des personnes malades ou personnes âgées. Face au risque qui n’est pas écarté d’une reprise de l’épidémie, je crains que tous ces personnels perçoivent le positionnement de certains catholiques, comme un comportement d’enfants gâtés qui font porter sur les autres, les risques qui pourraient apparaître du fait de leur comportement.

Je porterai également dans ma prière les millions de Catholiques dans le monde qui sont régulièrement et durablement privés de l’Eucharistie. Comment nous perçoivent-ils ? Quelle solidarité peuvent-ils attendre de nous, qui ne sommes pas capables de supporter deux semaines de plus, la privation de l’Eucharistie ?

Bon dimanche !

Robert Guignard

Le temps

Six semaines de confinement ont passé et nous ne savons pas grand chose sur les semaines à venir. La gestion du temps est une des difficultés que nous rencontrons les uns et les autres.

Le temps court, la durée d’une journée, le temps limité à une heure pour une promenade à pied et surtout pas à vélo, le temps d’une sortie et pas de deux pour se dégourdir ou marcher pour sa santé.

Le temps dans lequel on se projette au-delà du 11 mai, tout en sachant qu’il est impossible de bâtir des projets tant il y a d’incertitudes sur les jours d’après.

Le temps des mois à venir avec l’interrogation sanitaire : aurons-nous à vivre un second confinement ? Comment envisager des vacances pour retrouver la famille ou les amis ?

Le temps de l’interrogation économique qui ne manquera pas de nous rattraper très vite, en sachant que pour beaucoup il est déjà conjugué au présent. Ce temps se comptera en mois, mais peut-être en années de précarité, de souffrance ou de doute.

Le temps de l’interrogation financière qui suivra l’ouverture, en très grand, des vannes de l’emprunt national.

Le temps social, dont on sait, depuis les crises de 1929 et 2008, qu’il peut suivre le temps économique, avant de déboucher sur une situation politique très incertaine.

Que de temps de natures diverses ; que d’unités de temps variées !

Et il nous faut continuer à chercher à vivre pleinement le temps présent, ce qui est, déjà en temps normal, difficile à tenir durablement. Nous en avons encore plus besoin lorsque c’est encore plus difficile. Nous avons une situation paradoxale à affronter, dont il nous faut sortir par le haut.

Ce temps présent peut être utilisé pour se pencher sur nos vies, pour approfondir nos vies spirituelles, discerner l’important de l’essentiel, dont nous sommes en partie privés, avant de se projeter plus loin, dans l’après-crise. Il viendra. Que garderons-nous de nos modes de vie passés ? Que sommes-nous prêts à faire pour évoluer dans notre quotidien ; lorsque, par exemple, il est, de fait, aujourd’hui prouvé que le réchauffement climatique est dû à l’activité humaine ?

Voici une proposition de temps positif puisque nous avons le temps. Sachons nous ressourcer et bâtir un nouveau projet de vie personnelle.

Prenons un temps de retour sur nous-même, pour méditer.

Un temps imposé, transformé en un temps positif pour avancer dans nos têtes aujourd’hui et nos vies demain, quand nos pieds n’ont pas l’autorisation de nous faire avancer.

Philippe Ducloyer

Tout avait si bien commencé…

Mercredi 26 février : La communauté paroissiale accueille et soutient Ana et Nicolas dans leur chemin de conversion lors de la célébration des Cendres à l’Union Chrétienne. Ils se préparent, avec d’autres adultes, à recevoir le sacrement de confirmation à la cathédrale lors de la vigile de Pentecôte.

Dimanche 1er mars : A Saint Florent des Bois, Mgr JACOLIN appelle par leur prénom chacun des 28 catéchumènes, dont Juliette de notre paroisse. Ceux-ci s’engagent officiellement par écrit, après un long temps de préparation et de discernement,  à suivre l’appel du Christ et de l’Église. Leurs baptêmes doivent être célébrés dans la nuit pascale.

Dimanche 8 mars : « Reconnaître Jésus, le Fils bien-aimé, Vivant au milieu de nous » Matinée dimanche, messe des familles ; petits et grands, à travers la lumière de la transfiguration et le signe du pain, manifestent leur foi au Christ.

Dimanche 15 mars : Prévus, 1er scrutin pour Juliette à Notre-Dame, inauguration de l’orgue à St Michel. Mais, d’un seul coup, l’eau vive tant espérée par la samaritaine et par nous-mêmes, disparait à nos yeux.

Quoi ! Plus de messes ! Jusqu’au 15 avril ! Plus de célébrations de baptêmes ou de mariages dans les églises ! Les sépultures dans une intimité réduite… Non, ce n’est pas possible ! Ça ne va pas durer ! On n’a jamais vu ça ! Et la Semaine sainte ? Et Pâques ? Comment va t-on faire ?

Panique à bord pourrait-on dire… Il faut tout revoir, tout réorganiser et tout cela sans rencontres, sans réunions, sans planning, quel travail ! Et en même temps, nos repères perdus, nous sommes désœuvrés, en attente . . .

Bien-sûr, il y a KTO, les liens facebook de la paroisse, du diocèse, RCF

… Et depuis ce jour, quotidiennement et même plus, le message de notre curé, message de soutien à ses paroissiens désorientés, mais surtout messages de pasteur guidant ceux qui lui sont confiés vers l’essentiel, le sens profond du carême, l’essence même de notre foi chrétienne, notre relation au Christ, celle qui nous tire des entrailles de la terre vers le haut, vers Dieu.

Parallèlement, parce que nous ne pouvons nous rencontrer physiquement, les courriels abondent, les coups de téléphone se multiplient, avec le souci de ne pas oublier les personnes seules, fragilisées, vivant difficilement ce confinement. Des liens se créent, se recréent. Internet permet beaucoup, mais ceux qui n’en bénéficient pas sont encore plus sur le bord du chemin. Et puis, nos frères et sœurs en Ehpad… privés de visites familiales, amicales, de service d’aumônerie nous soucient. Nos relations s’étirent d’Est en Ouest, du Nord au sud.

Du bas vers le haut, de droite à gauche… Tiens, nous traçons une croix, la croix du Christ, la croix de notre foi. Et si c’était ça le sens profond du carême . . . Impossible, cette année de nous éparpiller, nous concentrer sur les préparations matérielles, liturgiques, ou autres, utiles bien-sûr mais aussi rassurantes.

Oui, vraiment, ce Carême 2020, ce carême de confinement va garder un goût bien particulier : celui du sel de la Parole de Dieu, celui de la saveur de nos relations réinventées, celui de la ferveur des célébrations par écrans interposés, celui de la communion spirituelle.

Tout avait si bien commencé… tout a continué, pas comme nous l’avions imaginé. Rien n’est fini, Pâques ouvre tous les horizons !

Même si nous avons hâte de pouvoir nous retrouver en Église, dans nos églises pour vivre en communion, la communion sacramentelle.

Lucile Dieumegard

« Comprendre l’Eucharistie », notes de lecture

En ce temps de carême, de disponibilité, et à la veille du Jeudi saint, je souhaite vous faire partager mon sentiment à propos d’un livre :

Comprendre l’Eucharistie de Bernard Sesbouë, Éditions Salvator, Paris, 2020,186 p 18 €

« Le but de ce livre, écrit l’auteur, est d’expliquer ce qui est en jeu dans l’Eucharistie, afin d’aider les chrétiens qui ne sont pas théologiens de métier, à mieux la comprendre et surtout à mieux en vivre » (page 8).

Les paroles de Jésus qui instituent, lors de la Cène, ce qui deviendra un « mystère » célébré par l’Église : « Ceci est mon corps ; ceci est mon sang » (Mt 26,26-28) heurtent encore beaucoup de croyants et posent question : « Comment Jésus peut-il nous donner son corps à manger et son sang à boire ? » (page 10)

Là réside la vraie question de la nature même de l’Eucharistie à laquelle Bernard Sesbouë, jésuite et théologien, apporte les éléments de réponse, en restant fidèle à la fois à l’Écriture et à la longue réflexion de l’Église sur ce sujet au cours des temps.

Un parcours en 9 chapitres qui nous donne tout d’abord les clés d’interprétation des différents termes attachés à l’Eucharistie, tels que ceux de « sacrement, sacrifice unique, mémorial », afin d’éviter certaines erreurs d’interprétation quant au « mémorial » par exemple : « l’Eucharistie n’est en rien la répétition de la Croix, dont le une fois pour toutes ne peut être répété…ni son renouvellement…Elle est bien la « répétition de la Cène » (page 29).

À partir de l’Écriture, de l’histoire des Églises chrétiennes et du dialogue œcuménique, l’auteur consacre une partie de l’ouvrage à montrer comment s’est forgé le sens de ce sacrement au cours des temps.

Alors qu’il est question de revenir à l’emploi de termes plus traditionnels, comme celui de la transsubstantiation, il est heureux que Bernard Sesbouë nous explique comment un langage philosophique hérité du Moyen-Âge (la substance, le substrat…) doit retrouver sens dans notre manière de penser aujourd’hui. Vraiment de quoi mieux comprendre ce qu’on appelle « la présence réelle et sacramentelle », « perceptible que par le seul intellect, dit œil spirituel, écrit Thomas d’Aquin » (page 63).

En référence aux travaux de Yves de Montcheuil et Henri de Lubac, l’auteur nous invite à sortir de l’opposition entre présence physique et présence symbolique, pour s’en tenir au concept traditionnel de « présence sacramentelle », « la présence la plus réelle qui soit, la présence spirituelle » (page 92).

Je retiens de cet essai la brillante démonstration qui rappelle le sens profond de ce sacrement dont, selon 1 Co, 16-17, : « la visée ultime n’est pas le changement du pain et du vin au corps et au sang du Christ, mais l’accès de toute l’assemblée au statut de corps du Christ par le don de l’Esprit » (page 96).

Un rappel bienvenu à notre époque, à propos de ce que Vatican II a défini comme « source et sommet de la vie chrétienne » (LG 11), selon la célèbre formule de Henri de Lubac, « Si l’Église fait l’Eucharistie, l’Eucharistie fait l’Église ».

Jean Noël Naud

Et après ?…

Merci à notre curé pour la bonne nouvelle annoncée quotidiennement

Ce virus a prouvé sa dangerosité en faisant de l’être humain un champ de bataille avec les conséquences que l’on sait.
Les effets collatéraux de ce virus, outre le fait de la mortalité engendrée, sont  pour le moins inattendus…  Vivons-nous ce confinement comme une parenthèse de notre vie ? Ou plutôt l’occasion qui nous est donnée,  comme dans un laboratoire, d’observer les effets sensibles sur le climat, l’environnement, le CO2 en diminution.

De même que la diminution drastique de consommation des énergies fossiles, la réappropriation des espaces par la nature notamment par la faune sauvage, après ce constat pouvons-nous reproduire l’après comme était l’avant de cette crise ? Est-ce la tâche des gouvernants ? Ou bien notre  responsabilité personnelle est-elle engagée ?

Pour ma part je ne crois pas au contournement de l’économie de marché. En revanche nous avons peut-être à le redéfinir, le domestiquer, l’humaniser, lui donner une autre finalité que celle du résultat. Notre façon de vivre et de consommer subordonne désormais l’avenir. Prions pour qu’il ne devienne pas l’épreuve ultime!

Jean-Christian B.

Fêter l’Annonciation en confinement

Ce 25 mars a été une belle journée de prière qui nous a emmenés à Rome dès 7 h du matin pour la messe avec le St Père puis à Lourdes pour terminer notre neuvaine à Notre-Dame ! (personnellement je poursuis ce moment KTO chaque jour..) puis, 19 h 30 précises, entendre le son des cloches, venant de l’Orbrie et Pissotte tout en admirant le clocher de Notre-Dame de Fontenay,  a été un moment de grande émotion, nos prières s’élevaient vers le ciel avec un beau soleil couchant ! Merveilleux !

Aujourd’hui, personnellement,  je me suis retrouvée à fleurir le calvaire qui se trouve en bord de route à 10m de chez moi (plus près que l’église…), là j’ai pris conscience de la toute puissance de notre Dieu, ce calvaire dans cette belle nature ! j’ai fais une prière et  envoyé un mot d’encouragement à mes 2 nièces de l’Orbrie qui travaillent en milieu hospitalier , l’une  à l’hôpital en pneumologie (1ère ligne) et l’autre qui va à l’EHPAD de la Châtaigneraie… je vous mets le contenu mon SMS ci-dessous :

« Voilà, pour la 1ère fois depuis 43 ans que nous sommes là, j’ai fleuri le calvaire près de chez nous. vous le verrez si vous  passez par Pissotte en allant travailler… C’est ma bougie à moi, ma pensée, ma prière pour vous tous, soignants, malades, travailleurs qui continuez à donner de votre temps pour que la société reste debout. Oui vraiment tout est changé au plus profond de nous-mêmes. Gardez courage.

Tata Danielle »

Réponse d’une des nièces. « Oui je travaille ce week-end, je regarderai en passant… C’est sûr que tout ceci a un impact sur chacun… pour ma part, je prie quasiment 2 fois par jour… prenez soin de vous.

J’avoue que ça m’a chamboulée car mes nièces ne sont pas particulièrement pratiquantes et là je me suis dit « oui, les voies de Dieu sont impénétrables ». Je suis en action de grâce Merci mon Dieu  ! je crois que je vais continuer à fleurir ce calvaire… (il n’y a pas que l’église pour inciter à la prière… Tout ce qui nous entoure et qui est merveille de Dieu !)

Danielle

 

What do you want to do ?

New mailCopy

What do you want to do ?

New mailCopy

What do you want to do ?

New mailCopy

What do you want to do ?

New mailCopy