« Des débats bioéthiques », ce que cela dit de l’évolution de notre société

Mercredi 12 décembre au soir, le Père Patrick Péridy a organisé une rencontre entre paroissiens sur les débats bioéthiques. Un temps de réflexion et de partage important au moment où la révision des lois bioéthiques est annoncée pour l’année 2019.

Le fil conducteur proposé nous a permis de discuter en petits groupes dans un premier temps pour partager nos expériences, faire part de nos questionnements, parfois de nos réticences, pour aller plus loin que les opinions ou convictions premières qui sont habituelles avant de se pencher sur un sujet plus à fond, avant de confronter ces opinions et convictions à la vraie vie humaine pas toujours si simple.

S’ouvre alors une réflexion sur le monde à venir, les possibilités de la médecine dont on pressent qu’elles évolueront sans fin quant aux techniques, mais il faudra les encadrer par la loi pour ne pas oublier en cours de route notre humanité et sa finitude. Nous abordons enfin la distinction entre les lois de notre société et nos vies personnelles guidées par la foi.

Puis nous avons lu deux textes d’auteurs différents, un philosophe puis un religieux dont l’approche de ces questions est très différente. Nouvelle occasion tous ensemble cette fois-ci de partager et d’avancer vers une réflexion dont on s’aperçoit que plus on approfondit, plus cela est compliqué de s’arquebouter sur une position définitive. Les histoires rapportées par les uns et les autres montrent toutes ces limites.

Que de questions, mais moins de réponses sauf à conclure qu’elles ne peuvent qu’être du domaine de la foi et de l’intime conviction personnelle, mais aussi que la vie réserve parfois des évènements qui nous bousculent au plus profond de nous-même.

Enfin, Patrick Péridy nous a choisi un texte issu des écrits des premiers chrétiens qui éclaire d’une lumière crue et exigeante ce que pourrait (devrait !) être une vie de chrétien au deuxième siècle après Jésus Christ, et de nos jours.

Une vraie et bonne soirée de vie chrétienne en communauté.

Philippe Ducloyer

P.S. : même réunion le mardi 18 décembre à 15h, Salle Saint Nicolas.

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En « Avent », pas à pas vers Noël…

« Avent » Non, pas de faute d’orthographe ! mais l’Attente d’un événement.
Mais quel événement ? Lors de la messe des familles de ce dimanche 9 décembre, les enfants de CE1 ont répondu : « la venue de Jésus à Noël» et il nous faut « Préparer nos cœurs pendant cette attente», et comment ? « Écrire ou téléphoner à ceux qui nous manquent », « Prier dans notre cœur », « Partager », « Faire un sourire aux gens », « Aider les autres », « Aider en famille », « Ranger ». Oui, se préparer et vivre l’attente, pas à pas, geste par geste, creuser en nous afin que notre cœur soit grand ouvert pour accueillir Jésus qui est Lumière et Amour.

Les enfants en Club d’Action Catholique nous ont aussi exprimé leur démarche d’ouverture aux autres : « Plus fort ensemble, pour combattre les injustices et pour agir ; solidarité en participant au Téléthon, en versant un don aux Restos du Cœur, en rencontrant des bénévoles de l’association Saint Vincent de Paul ; cette année, nous voulons mener un projet de parrainage d’enfants dans le besoin. Amitié vécue en jouant, en organisant des fêtes du jeu où nous invitons d’autres enfants. Nous aimons aussi beaucoup partager le goûter. Nous sommes aussi allés rendre visite aux résidents de la maison de retraite de l’Union Chrétienne. A chacune de nos rencontres en club, nous partageons un temps de prière que nous préparons. »

Les Scouts et Guides de France sont aussi intervenus pour annoncer le démarrage d’un groupe sur Fontenay et le Sud-Vendée.

Que d’espoir dans tous ces témoignages et ces expressions des enfants et des jeunes !

Ensemble, adultes, jeunes et enfants, dilatons nos cœurs et ouvrons-nous aux autres pour préparer les chemins du Seigneur et faire que le Royaume de l’amour soit déjà là au milieu de nous.

Très bel avent à tous !

Marie-Noëlle Marquet

Festisol 2018, voyage en quête de sens

Le monde est beau, il nous fait rêver… Ah ! Découvrir des paysages grandioses, des cultures et des peuples différents, des réalisations extraordinaires qui nous révèlent le génie de l’humanité depuis les origines, l’histoire et ses horreurs aussi quelquefois… le monde est fascinant ! Et puis ce monde est devenu petit finalement… il est si facile de partir à sa découverte… oui, cela fait rêver !

Mais le rêve se heurte aux réalités, car ces déplacements ont un impact sur notre Terre ! Impact carbone démesuré, mise en danger de certains sites et de la biodiversité, à cause du tourisme de masse …

Cette année, le collectif fontenaisien d’associations, qui organise le Festisol (autrefois Semaine de la Solidarité Internationale), a proposé de réfléchir sur ce thème…qui dérange, bouscule…car cela concerne beaucoup d’entre nous, et c’est bien pour cela qu’il est urgent d’y réfléchir ! Comment voyager autrement ?

La marche solidaire du 18 novembre au profit de l’association Solid’Amitités Touaregs de Foussais-Payré, a ouvert le programme. Marcher ? Voilà une façon de respecter la charte éthique du voyageur ! Près de 180 marcheurs étaient au départ.

Le 23 novembre, une conférence avait lieu à Foussais-Payré. M. Jean-Luc Ganthiel, fondateur et président de Croq’Nature, partenaire de Solid’Amitités Touaregs, venait parler du Sahel où il a séjourné, partageant la vie des nomades. Des liens d’amitié se sont créés, et pour lui l’envie de développer la dimension « Solidarité ». Croq’Nature propose des voyages solidaires, une partie des gains servant à financer des projets définis par les populations touaregs elles-mêmes. Ainsi grâce à Solid’Amitiés Touaregs, Awa et Ouaraya, sont venus du Niger. Ils sont scolarisés en BTS à Lannion, dans les (Côtes d’Armor), ville qui finance leur scolarité, voyages compris. Ils ont évoqué leur parcours scolaire, familial, environnemental de jeunes touaregs, témoignage donné auparavant à des lycéens qui ont découvert le fossé entre cette vie et la leur !

Enfin, Samedi 24 novembre, dans la salle d’honneur de la mairie de Fontenay-le-Comte, un forum permettait à diverses associations de présenter leurs actions toujours sur la thématique du « Voyage autrement » solidaire ou écologique…
Une mention pour un groupe d’élèves en BTS-tourisme au lycée Atlantique de Luçon, investis tout au long de la préparation de cet événement, et de sa réalisation !
Trois tables rondes réunies successivement ont connu un succès notable.

Des organisateurs de séjours solidaires : Croq’Nature, déjà évoqué, ou Ekitour, qui organise un tourisme durable. Estelle présentait le Camping la Frênaie, une expérience coopérative, dans le Marais poitevin. Elisa qui met en œuvre un Accueil paysan, et «voyage à travers ses hôtes ».
Des voyageurs qui témoignent : Apolline et Hugo, du lycée Atlantique de Luçon, ont partagé chacun une expérience de voyage, elle comme jeune fille au pair en Angleterre, lui aux USA à la rencontre de gens de tous horizons. Chloé a présenté « Wwoof » association qui favorise la transmission des savoir-faire agricoles bio…

Des associations solidaires: Laëtitia, Isabelle et Joël ont parlé de « 2 mains pour demain », créée au lendemain du séisme en Haïti, qui soutient une école. Daniel, président de l’association de jumelage Fontenay-Gaoua a fait ressortir que les actions menées se font avec les partenaires locaux, mieux que quiconque ils connaissent leurs besoins. Gislaine présentait Solid’Amitiés Touaregs.

Des animations aussi : des balades à dos d’âne, une démonstration de cuiseur à bois économe, vente de boissons et de gâteaux, au son de la musique offerte par une famille, parents et enfants !
Un regret pourtant. Le sociologue Rodolphe Christin, auteur du « Manuel de l’anti-tourisme » entre autres, avait accepté de venir pour une conférence. Mais les incompatibilités d’agendas l’en ont empêché. Néanmoins ce fut une très belle édition du Festisol !

Marie-France Dauce
d’après un article pour l’Écho de l’Ouest

Pour une rencontre ouverte à tous autour de la lettre du pape François au peuple de Dieu

Les récentes révélations des abus sexuels commis partout dans le monde au sein de l’église universelle ainsi que chez nous en Vendée ont ému beaucoup d’entre nous.

A l’occasion de ces révélations le pape François a adressé au peuple de Dieu une lettre dans laquelle il dit :

  1. l’ imprescriptibilité de « toutes les souffrances infligées aux personnes victimes »,
  2. la négligence et l’abandon de la communauté ecclésiale envers « les petits »,
  3. le défi à relever pour le peuple de Dieu « d’assumer la douleur des frères blessés »
  4. l’obligation de « redoubler d’efforts pour éradiquer cette culture de mort »,
  5. l’exigence de « dénoncer tout ce qui met en péril l’intégrité de toute personne » au nom de la solidarité
  6. la « corruption spirituelle et l’aveuglement confortable qui rend licites, la tromperie, la calomnie, l’égoïsme, et toutes les autres formes d’autoréférentialité ».

Le pape incite chaque baptisé à :

  • se sentir « engagé dans la transformation ecclésiale et sociale »,
  • à « regarder dans la même direction que celle indiquée par le Seigneur ».

Il demande que « toutes les composantes du peuple de Dieu soient actives dans la conversion de l’agir ecclésial ».

Il écrit que la manière de concevoir l’autorité dans L’Eglise a conduit au cléricalisme qui « annule la personnalité des chrétiens et sous-évalue la grâce baptismale que l’Esprit a placée au cœur de notre peuple »

Il incite à ne pas nous dérober et à nous tenir debout, comme Marie au pied de la Croix, aux cotés de nos frères souffrants.

A la suite de cette exhortation, un groupe de chrétiens de Fontenay
invite toute personne qui se sent concernée à une rencontre :

A LA MAISON PAROISSIALE RUE ST NICOLAS A FONTENAY LE COMTE
LE JEUDI 6 DÉCEMBRE DE 18 H A 20 H.

Gilets et demande de grâce…

En ce lendemain du « Thanksgiving » américain que médias et commerçants du monde entier baptisent désormais « black Friday », seront transférés des entreprises vers les ménages et par l’intermédiaire des commerçants un peu plus de produits manufacturés que d’habitude qui deviendront à terme, une fois l’obsolescence technique atteinte ou le plaisir consommé, autant de déchets qui nous rapprocheront soit de notre incapacité à les stocker ou les recycler, soit de notre incapacité à les « re-fabriquer » à un prix abordable faute de ressources primaires (donc gratuites) accessibles.

Bien que plus douloureuse sur le moment pour nous tous qui revêtirions sans doute nos « gilets jaunes » pour manifester, la deuxième issue est finalement la plus souhaitable pour l’Humanité !

Quoi qu’il en soit, la planète Terre dictera un jour l’implacable loi de sa finitude. Le « black Friday » ne fait qu’accélérer un peu la réalisation prochaine des règles fondamentales de la physique terrestre. Lavoisier nous l’a bien dit : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », et la transformation du pétrole en déchets plastiques et en réchauffement climatique lui aurait probablement servi à illustrer son propos s’il avait vécu deux siècles plus tard.
L’Homme occidental moderne doit se préparer à la frustration, scientifiquement inévitable

Ainsi, après avoir rendu grâce à Dieu pour ses bienfaits(*), puis profité « grâcement » des biens faits par l’Homme, l’Homme « bien fait » va-t-il bientôt demander grâce ?…
Se tournera-t-il alors vers Dieu ? 😉

Bien amicalement.

Matthieu Foulonneau

(*) sens initial de la fête de Thanksgiving

Journée nationale du Secours catholique

Dimanche 18 novembre 2018 : c’est la journée nationale du Secours Catholique. Désormais, elle coïncide avec la Journée mondiale des pauvres, Journée mondiale que le Pape François a instituée l’an passé en appelant à « une rencontre authentique avec les pauvres ».

Pour nous, au Secours catholique, rendre moins difficile la vie des plus pauvres, c’est agir avec eux, à leurs côtés, en prenant le temps de les voir retrouver confiance en eux et s’appuyer de nouveau sur leurs propres capacités.

C’est ainsi qu’œuvre au quotidien, la quarantaine de bénévoles de l’équipe de Fontenay-le-Comte.

En 2017, nous avons accueilli et aidé 230 personnes, en très grande majorité sous le seuil de pauvreté ; nous les avons écoutées pour discerner leurs besoins et les avons accompagnées le temps nécessaire, sans les juger, dans un esprit de bienveillance et de respect ; 50 d’entre elles ont reçu une aide financière d’urgence.

En dehors de ces aides ponctuelles, nos activités sont ouvertes à tous :

– le mardi après-midi, chacun peut échanger autour d’un café, prendre le temps de discuter ;

– notre boutique solidaire (vêtements) permet de s’habiller pour vraiment pas cher ; les recettes permettent d’aider les personnes en difficulté. Ouverte le lundi matin (pour les dons uniquement), le mardi après-midi, le samedi matin ;

– le jeudi après-midi, l’atelier de convivialité permet d’échanger des savoir-faire, de rompre la solitude ;

– l’été, nous proposons des séjours de vacances à des enfants de familles défavorisées.

Nous ne vivons que des dons : sans les donateurs, rien ne serait possible. C’est grâce à leur soutien que nous pouvons accueillir ces personnes, les encourager dans leurs projets, et petit à petit, les voir remonter la pente.

Avec toutes les familles rencontrées, l’équipe de Fontenay-le-Comte ainsi que tous les membres du Secours Catholique – CARITAS France, nous comptons sur vous, sur votre générosité et vos prières.

Merci pour votre geste !

Eric Sesboüe

Contact : 8, rue de Genève à Fontenay-le-Comte. Tél. : 02 51 69 21 13
Faire un don : http://don.secours-catholique.org/

Un peu d’histoire autour du 11 novembre 1918…

1er août 1914, toutes les églises de France sonnent le tocsin ! La mobilisation générale a été fixée au lendemain le dimanche 2 août. Mais « la mobilisation n’est pas la guerre » et cette guerre qui devait être courte, fraîche et joyeuse va cependant durer 1562 jours… Ce même jour à 10 h 07 tombe le caporal Jules Peugeot, premier mort d’une guerre qui ne sera déclarée que 32 heures plus tard !
11 novembre 1918 à 5 heures du matin l’armistice est signé pour prendre effet à 11 heures le 11ème jour du 11ème mois de l’année. À 10 h 58 tombe mortellement blessé, le soldat de 1ère classe Auguste Renault, dernier soldat français mort au combat. À 12 heures, les cloches de toutes les églises de France se mettent à sonner à toute volée pour annoncer dans la liesse générale, la fin de ce monstrueux conflit. Au même moment à Paris, dans l’indifférence générale, le glas résonne pour annoncer la sépulture du grand poète Guillaume Apollinaire, décédé le 9 novembre de la grippe espagnole.
À 16 heures Georges Clemenceau décline à la chambre des députés les conditions de l’armistice puis déclare en conclusion de son intervention : “…Honneur à nos grands morts qui nous ont fait cette victoire. Grâce à eux, la France hier soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de l’humanité sera toujours le soldat de l’idéal !”
Le lendemain le maréchal Foch dans son ordre du jour, s’adressant plus sobrement aux soldats de nos armées, déclarera : “…vous avez gagné la plus grande bataille de l’histoire et sauvé la cause la plus sacrée : la liberté du monde. Soyez fiers ! D’une gloire immortelle vous avez paré vos drapeaux. La postérité vous garde reconnaissance.”

La France sort particulièrement éprouvée de ce conflit. 1,4 million de soldats français sont morts, 650000 femmes françaises sont veuves de guerre, pas une famille de France qui ne compte un mort, un amputé, un gazé ou un orphelin ! Un français sur 29 de la génération des jeunes de 20 à 40 ans est tombé. Les monuments aux morts de nos communes l’attestent. Le pays, après une telle hécatombe aspire désormais à la paix.

Lieutenant-colonel (ER) Jean-Paul Meinvielle

Face à l’ombre des abus sexuels, la lumière des Béatitudes

Toussaint 2018 ! Drôle de fête en ces jours où l’Église et spécialement notre diocèse est confronté au scandale des abus sexuels commis par quelques-uns de ses prêtres au cours des dernières décennies. Quand la part d’ombre parmi les plus sombres de notre histoire semble boucher l’horizon, comment laisser passer le témoignage lumineux des saints et saintes de cette histoire ? J’aurais pu éviter le sujet tant il est douloureux, tant nous sommes effarés par l’ampleur des faits.
Pourtant, l’évangile que nous venons d’entendre, l’appel des Béatitudes se révèle être une lumière bien précieuse pour traverser cette épreuve, comme tant d’autres épreuves de la vie, comme des deuils à traverser. Au cœur de ce qui nous atteint, l’Évangile se fait espérance lumineuse.
Laissons quelques-unes des béatitudes nous éclairer.

« Heureux les pauvres de cœur ». Oui, nous nous sentons bien pauvres, bien démunis devant ce qui nous semble si aberrant. Il y a de l’indicible dans la douleur des personnes abusées. Nous n’avons pas les mots pour dire notre effroi.
Nous nous sentons pauvres, et alors peut-être assez désarmés pour laisser nos carapaces intérieures se fendre pour laisser notre prière sourdre. « Seigneur, viens à notre aide ! Seuls, nous ne pouvons-nous en sortir, nous ne pouvons-nous sauver nous-mêmes. Nous avons besoin que tu nous ouvres l’avenir. Vivre dans l’esprit des Béatitudes l’appel à la sainteté, c’est renoncer à tout maîtriser par soi-même, c’est accepter d’avoir besoin d’un autre, c’est consentir à se laisser aimer par Jésus vivant au plus intime, là où notre pauvreté se fait béance, faille où Dieu peut enfin nous travailler de l’intérieur, nous façonner un cœur nouveau, un esprit nouveau, tel St Ignace, blessé après une bataille militaire, immobilisé sur son lit ; il va enfin laisser son esprit sonder ses mouvements intérieurs et discerner comment Dieu veut son bonheur, son salut

« Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés ».
Il faut parfois du temps pour que la blessure profonde d’un traumatisme que ce soit un abus, une maladie, un deuil émerge à la surface et qu’enfin des pleurs viennent inonder notre visage ; il faut parfois du temps, mais aussi de l’écoute, une confiance, pour qu’enfin les larmes viennent. Une paroissienne me témoignait en ces jours combien elle rendait grâce pour ce groupe de prière du Renouveau où elle avait pu enfin pleurer son fils parti trop tôt et surtout trouver la fraternité qui console qui écoute, qui apaise. Le pape François dans « La Joie et l’allégresse » déploie l’appel à la sainteté pour aujourd’hui en méditant cet évangile des Béatitudes. Le pape avec sa vigueur habituelle dénonce le monde qui cache la souffrance, qui la fuit en cherchant à la dissimuler, et nous laissons nos anciens si isolés, à l’écart et les personnes endeuillés à leur tristesse. Au contraire, le pape invite à se laisser transpercer le cœur par la souffrance de l’autre, comme Marie au Calvaire. Nous sommes alors consolés par Jésus lui-même qui nous rend capables de consoler les autres. Mgr Ravel dans sa lettre « Mieux vaut tard » sur les abus sexuels témoigne que c’est par l’écoute des personnes victimes, en se laissant toucher par elles, qu’il a compris combien le silence était une prison dont il fallait aider les personnes à se libérer. Dans les épreuves du deuil, je sais l’importance de l’écoute, de la présence silencieuse. Et je rends grâce pour les équipes d’accompagnement au deuil, les amis, les voisins qui permettent des pas, des paroles qui donnent d’avancer sur le chemin de la consolation.

« Heureux les miséricordieux , ils obtiendront miséricorde ».
Il est des situations où nous estimons que c’est impardonnable ; et il est difficile de demander à des personnes victimes de pardonner. Le chemin est forcément long, chaotique ; nous savons combien dans les familles le manque de pardon peut empoisonner les relations. Hier, je suis allé visiter une personne victime d’un prêtre qui a été condamné par la justice. Je réalisais en ces jours combien je n’avais pas su accompagner cette personne blessée par l’Église. Je n’en menais pas large en allant la visiter. C’est avec joie qu’elle m’a reçu. Elle a pu me dire la distinction qu’elle faisait entre son agresseur et l’Église, ne mettant pas tout le monde dans le même panier. Voilà une personne réconciliée avec elle-même, portant son histoire blessée, mais sans haine, sans rancune, désirant simplement que d’autres enfants ne subissent pas ce qu’il a subi. Au retour de ma visite, je rendais grâce pour ce moment de paix et de vérité, pour ceux qui lui ont permis de faire ce chemin, pour l’évangile en actes, ouvrant espérance d’un chemin de pardon pour chacun de nous .

Lumineuses béatitudes en cette Toussaint, qui ouvrent notre horizon à la communion des saints de notre histoire, reconnus, méconnus, inconnus. Ils nous tirent en avant pour vivre déjà du bonheur que Dieu le Père nous prépare dans la joie et la Paix de la fraternité retrouvée.

Abbé François Bidaud,
Curé de la paroisse St Hilaire de Fontenay

Face aux abus sexuels, faire écran ou donner confiance ?

Nous connaissons la scène de l’évangile*. Les enfants qui se préparent au pardon avec le cahier « GPS » la découvrent sous forme de BD : au bord du chemin, Bartimée, l’aveugle ; au milieu, les disciples et la foule ; devant, Jésus.
Bartimée crie son désir de rencontrer le Fils de David, il crie sa foi
Et voici que les disciples d’abord font écran ; ils voudraient faire taire celui qui crie sa détresse, avant d’être conduits par le Christ à favoriser sa rencontre entre l’aveugle en lui disant « Confiance, lève-toi, il t’appelle »
En ces jours où l’Église est secouée par les révélations sur des abus sexuels, où 2 prêtres de notre pays ont mis fin à leurs jours, en ces jours où l’Église a vécu l’expérience du synode avec les jeunes et pour les jeunes, il nous faut nous interroger : faisons-nous écran ou favorisons-nous la rencontre avec le Christ ?
Je vous remercie, avec les prêtres, des marques d’attention que vous donnez en ces jours où la suspicion pourrait peser sur tous les prêtres.
Je sais que nous pouvons craindre qu’une logique médiatique qui cherche à faire sensation utilise ces scandales contre l’Église et contre la foi.
Mais commençons par nous demander si d’une manière ou d’une autre, nous n’avons pas contribué à faire taire ceux qui criaient leur détresse indicible.
Je prie pour mes confrères récemment décédés, les personnes impliquées dans ces drames, et je prie aussi pour les policiers, les gendarmes, les agriculteurs qui en viennent à ces gestes extrêmes.
Je m’interroge en reprenant le proverbe cité dans le film Spotlight, retraçant l’enquête sur les abus dans le diocèse de Boston : « Il faut tout un village pour éduquer un enfant, il faut tout un village pour l’abuser ».
Le silence a été préféré en croyant protéger la victime, la famille, l’institution scolaire ou ecclésiale, ou pour éviter le scandale public qui fragiliserait la foi. Dans sa lettre pastorale « Mieux vaut tard », Mgr Ravel, archevêque de Strasbourg et ancien évêque du Diocèse aux Armées ouvre nos yeux sur l’impasse de tels comportements, à resituer dans ce que nous connaissions ou non de ce que produit l’abus chez la personne victime.
Je vous invite à dialoguer entre vous, avec nous si vous le voulez à partir de la lecture de la Lettre au Peuple de Dieu du pape François disponible sur le site paroissial ou à la Maison paroissiale ou dans les églises, et que vous recevez avec le journal de doyenné cette semaine.
Peut-être que des personnes victimes oseront s’adresser via l’adresse parolesdevictimespaysdeloire@gmail.com pour être entendues par des psychologues extérieurs au diocèse ; peut-être que nous pourrons écrire à Mgr Jacolin pour relater ce que nous savons de faits survenus. Notre évêque veut faire la lumière sur ces décennies passées. Si nous pensons que des personnes ayant abusé sont encore en vie, même si les faits sont prescrits au niveau juridique civil, c’est notre devoir d’alerter police ou gendarmerie ou sauvegarde de l’enfance pour protéger d’autres victimes potentielles.
Avons-nous fait écran ?

L’Église est aussi celle qui dit « Confiance, lève-toi, Il t’appelle »
Elle donne la parole aux jeunes dans le dialogue synodal avec les évêques plus ou moins jeunes mais heureux de faire chemin ensemble pour trouver les moyens de porter l’Évangile vers les jeunes de ce temps.
L’Église ouvre cet espace de parole où chacune est écoutée dans cette équipe jubilaire créée à l’occasion des 700 ans du diocèse et qui continue. Lieu de confiance..
L’Église dit « Confiance, lève-toi, Il t’appelle » avec ceux qui vivent le parcours Alpha et les serviteurs s’ouvrant à la présence du Christ Vivant pour leur vie. Il t’appelle !
Avec le conseil de paroisse, nous allons regarder comment donner place aux enfants, et à leurs parents en cherchant à mieux vivre l’intergénérationnel dans notre vie paroissiale
Mais une autre question résonne, plus fondamentale : nous pourrions nous reconnaître en Bartimée entendant la question de Jésus : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Quel est mon désir le plus profond, le plus intime ? Et nous que voulons-nous, qu’attendons-nous du Christ :
« Rabbouni, que je retrouve la vue ». Donne-moi de sortir de mes aveuglements. Que l’Esprit de discernement vienne en nous ! Qu’il nous donne d’y voir plus clair pour suivre Celui qui dit en sa personne : « La vérité nous rendra libres » afin qu’Il soit pour nous le Chemin de la Vie.

Abbé François Bidaud,
Curé de la paroisse St Hilaire de Fontenay

* Évangile du 30ème dimanche ordinaire, année B (28-10-2018), Marc 10, 46b-52

Une école toute neuve

Vendredi 19 octobre 2018, nous avons eu le plaisir d’assister à l’inauguration et à la bénédiction des nouveaux locaux de l’école St Joseph de Pissotte.

La présentation et l’ensemble des travaux réalisés nous ont été exposés avec précision par Madame Marie-Claude Mercier, directrice de l’école : L’ancienne école a été restaurée et aménagée pour en faire la classe des grands : CE et CM. Une nouvelle construction a été faite pour accueillir les enfants de maternelle et CP, ainsi qu’un préau reliant les deux bâtiments.

Monsieur Cyrille Porcher, président de l’OGEC, nous a exposé les difficultés rencontrées pour mettre en œuvre ce projet lancé depuis 3 ans. Était-ce raisonnable de se lancer dans un tel investissement ?

En accord avec la D.E.C., les enseignants, les membres de l’OGEC, le projet vient d’aboutir et tous sont satisfaits et fiers de leur nouvelle école.

Le directeur de l’Enseignement Catholique, Monsieur Christophe Geffard a apprécié fortement le travail accompli et la présence de très nombreux Pissottais (environ 200) à cette inauguration et bénédiction.

Le père François Bidaud a procédé à la bénédiction de l’école St Joseph accompagné par les chants des enfants très attentifs aux discours prononcés.

Pour clôturer ce sympathique après-midi, un cocktail convivial a été offert à ‘assemblée.

A ce jour, l’école St Joseph accueille 52 enfants.
Pour plus d’informations, vous pouvez vous procurer la livre intitulé « Pissotte, son histoire, son école St Joseph de 1837 à 2007 » en vous adressant à l’école.

Marie-Thérèse Jauzelon