Fête de la paroisse, faites de la fraternité

Elle a fait fort cette année la traditionnelle fête de la paroisse. D’abord elle s’est délocalisée, à la surprise de certains même si ce n’était pas une première. La directrice du Lycée Notre-Dame et le directeur du Collège St Joseph ont permis que la fête se passe dans leur complexe salles de sport/restauration. Puis une foule de bonnes volontés ont mis en commun leurs dons et talents : décoration, art graphique et art floral, sono, musique et chant, sacristie et cuisine, et leurs forces physiques pour installer un vaste espace pour la messe et quelques 550 chaises, le tout admirablement orchestré par Dominique.

C’est que le ton était donné dès le début : fête de la paroisse, faites de la fraternité. C’est sur ce joli jeu de mots que des dizaines de personnes se sont lancées dans l’aventure pour que la fête soit belle et heureuse.

Dès 9 h 30 ce dimanche on pouvait découvrir quelques associations et services caritatifs de la paroisse, et même hors paroisse, et en rencontrer les acteurs. Richesse de ces bénévoles discrets au service de leurs frères dans la Pastorale des Migrants, l’AMISUV * et les cercles de silence, le Secours Catholique et la Société St Vincent de Paul, le SEM (Service Évangélique des Malades) et les aumôneries de l’hôpital et de la maison d’arrêt.

Et pendant ce temps les enfants du caté découvraient comment grandir dans la foi. A l’image de la graine semée dans le pot de terre qui a besoin d’eau et de lumière pour pousser, la foi reçue au baptême devra se nourrir de la prière et de la parole de Dieu. Et les confirmands, autour de leurs parents et tuteurs, étaient conviés à un rallye. Pas facile facile le quizz, la première question en a arrêté plus d’un : « Le mercredi des Cendres, quelle parole est prononcée sur chaque personne lors de l’imposition des cendres ? »…

En fin de matinée la messe rassemblait tout le monde dans une salle de sport métamorphosée, soigneusement aménagée et fleurie, décorée de la fresque de Manou habillée de toutes nos petites silhouettes. La Chorale St Hilaire et la Chorale Les Rossignols, les musiciens fidèles à leur mission ont soutenu et entraîné les chants de l’assemblée. Avec leur fraîcheur enfantine Les Rossignols ont entraîné toute l’assemblée dans leur chant final gestué « L’amour de Dieu est si merveilleux, ô l’amour de Dieu ».

Ce rassemblement de toute la paroisse était l’occasion de remercier Hélène pour ses 3 années au service de la catéchèse des enfants, et d’accueillir Odile à qui elle passe le relais dans cette même mission. Temps d’accueil aussi de Ronny, jeune séminariste réunionnais, en 3ème année de formation à Nantes. Il sera en stage à Fontenay cette année 3 week-end sur 4 et sera plus particulièrement chargé de l’accompagnement des jeunes qui se préparent à la confirmation.

Petite annonce supplémentaire avant l’envoi par le diacre et qui a été oubliée sur les feuilles : la paroisse offre un CDI. En voir les termes ci-dessous.

Et la journée n’était pas finie. Après les activités du matin et la messe venait naturellement un temps de convivialité : verre de l’amitié, pique nique partagé et temps de détente autour de jeux de société divers ou simplement le plaisir d’être ensemble un moment. En fin d’après midi, le soleil esquissant une apparition certains se sont lancés dans une partie de palet.

Une riche journée qui a répondu à son ambition de rassembler largement, de tous les relais et même au-delà, de toutes générations et sensibilités, dans une ambiance festive et fraternelle. Merci à nous tous qui avons contribué d’une façon ou d’une autre, à notre mesure, ne serait-ce que par notre présence, à sa réussite. Et qu’elle ne soit pas seulement un bon souvenir…

Sœur Emmanuelle

Photos de la journée
Homélie de l’abbé François Bidaud

* AMISUV : Accompagnement des MIgrants dans le SUd Vendée
** Offre de CDI :
La paroisse offre un CDI aux personnes intéressées et compétentes en Sono, Vidéo, Ordinateur, Internet… pour le service des équipements paroissiaux présents et à venir.
Le salaire de départ est de zéro € ! Pas de problème, l’impôt sera prélevé à la source… et ce qui vous restera sera donc du NET !
Alors, n’hésitez pas … et si ce bénévolat vous inspire venez rejoindre Michel Aubineau et Jo Reignier.
Et pour la formation au poste, pas de souci, elle est gratuite ! N’ayez pas peur !

 

Chant final des Rossignols

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Lettre de la mer

Chers paroissiens,

Nous avons dégolfé ! Le 4 septembre après-midi, Kêr Maï, le voilier sur lequel j’ai quitté le port de Camaret-sur-mer, accostait Camariñas, petit port espagnol. Nous étions sortis du Golfe de Gascogne sans encombre ! Si belle sur notre grand voile, Notre Dame a veillé sur nous. Nous avons eu un vent d’est et de nord-est pendant toute l’étape. La houle venant de France, nous avons eu des creux de 1,50 à 3 mètres seulement. Le voilier les a passés en toute quiétude. Ceci dit, la mer nous a quand même secoués. Même Élisabeth, pourtant capable de descendre par n’importe quel temps, a été un peu mise à l’épreuve. Forte de ma longue histoire de moussaillon, je me suis pour ma part quotidiennement penchée par-dessus le bastingage, m’inquiétant de ce que les poissons ne meurent pas de faim.

Partis vendredi soir, nous avons dîné puis nous sommes repartis en équipes pour les quarts de veille : lorsque nous naviguons aussi de nuit, nous nous répartissons en équipes de veille pour assurer la bonne marche du voilier, même sous les étoiles. Mes premiers jours se résument en quelques mots : veiller sur le pont, enlever mes vêtements de quart (veste, salopette et gilet de sauvetage), courir jusqu’à ma cabine, me changer, dormir, me changer, courir sur le pont, enfiler mes vêtements de quart, veiller… malade en regardant l’intérieur du voilier, je ne pouvais pas non plus servir la communauté. C’est désagréable, mais cela m’apprend l’accueil de ma faiblesse, et la patience.

Aujourd’hui, je me sens un peu mieux sur le voilier. Je peux donc progresser en voile, mais descendre dans le carré pour faire la cuisine et la vaisselle reste compliqué. Côté voile, je découvre tout. J’apprends peu à peu, mais ce n’est pas très inné pour moi. Je participe aux manœuvres en attendant de bien comprendre comment choisir les manipulations de voiles. Je barre aussi de mieux en mieux ! En arrivant à Porto, j’ai guidé le voilier pour entrer dans le chenal et rejoindre le Port.

À l’heure où je vous ai écris ce mail, nous quittions d’ailleurs Fatima et rejoignions les voiliers à Porto, avant de faire route vers Lisbonne. Le sanctuaire de Fatima est magnifique ! Il est tout simple, comme une maison, et je me suis sentie accueillie comme dans les bras de Marie. Nous avons participé à un chapelet et à une messe internationale. La foi des portugais est touchante tant elle est fervente. À la fin de la messe, quand la statue de Notre Dame de Fatima quitte le chœur en procession, ils saluent leur Vierge Reine en agitant des mouchoirs blancs. Leur tendresse pour elle était si palpable que j’en ai eu les larmes aux yeux. C’est une belle seconde grâce, après Saint Jacques où nous nous sommes arrêtés mardi et mercredi. Là-bas, Saint Jacques nous a enseigné l’amour infini de Dieu, qui nous attend pour nous offrir sa miséricorde. Pour vivre en grand, il faut avoir de grands désirs et rester intime à Dieu. Lui nous aidera à avancer, comme un père.

Nous avons depuis salué Lisbonne, et nous quittons ce midi Faro, où nous avons été reçus et bénis par l’évêque. Nous retrouverons 25 jeunes de ce diocèse à Panama ! Nous avons mouillé dans la lagune et rejoint la petite ville fortifiée en annexe.

La vie en équipage se passe vraiment bien. Nous essayons d’être vraiment dans l’accueil de l’autre, et de laisser chacun prendre la place qui lui convient. Nous sommes un peu désorganisés par contre, et bien entrés dans une démarche de pèlerinage. Ça prend du temps, pour bien prendre sa place dans la communauté dans un contexte si nouveau, et pour asseoir une démarche où nous ne faisons pas que voyager. Et il est tellement simple de redevenir de simples touristes ! Nous n’avons pas non plus internet très souvent, et en mer la priorité reste aux manœuvres et à la vie de bord. D’où le retard de ma lettre. Nous prenons aussi la mesure de l’inertie d’un groupe de 25 personnes ! Mais nous faisons en sorte de mieux gérer tout cela pour bien vivre et partager notre pèlerinage.

Je ne peux vous quitter sans vous parler aussi de la nature, que nous rencontrons pendant nos journées en mer. La mer, si belle, forme comme un cercle tout autour de nous. Quand nous les approchons, les côtes nous offrent des paysages magnifiques, grandes étendues vertes, falaises ou entremêlement de rues des villes portuaires. Nous voyons beaucoup d’oiseaux marins (mouettes, goélands, sternes). Des dauphins viennent aussi souvent nous rendre visite, pour jouer avec l’étrave. C’est tellement chouette ! Nous redevenons des enfants tous émerveillés devant eux. L’autre nuit, ils étaient quatre à nous rejoindre pendant mon quart de nuit. Ils remuaient le plancton autour d’eux, qui devenait fluorescent. C’était sublime, et nous pouvions apprécier toute leur puissance ! Un mouvement imperceptible les fait avancer si vite !

Je vous remercie de m’avoir aidée à vivre ce pèlerinage. Il comptera bien dans ma vie.

Je prie bien pour vous tous,

En union de prière avec Notre Dame,

Anne Laurence Thoux

L’aumônerie, c’est quoi ?

Robert est aumônier à la Maison d’arrêt de Fontenay-le-Comte. Avec Annie il anime des temps de réflexion et de partage avec les détenus. Vient qui veut. Croyant et incroyant, chrétien et musulman, agnostique… Après plusieurs rencontres l’un des détenus lui a remis un texte, fruit de sa réflexion nourrie des temps d’aumônerie. Robert nous offre cette réflexion.

L’aumônerie c’est quoi ?

Certains diront que c’est une affaire de curés. C’est faux, c’est avant tout une occasion de dialogue, de recueillement, de partage… un groupe d’échange.

Lors de l’un de ces groupes d’échanges basé sur les différentes religions, la discussion nous a fait ressortir des mots que voici : « Nous, Lumière, Allah, Liberté, Prière, Commencement, Guerre, Miséricordieux, Espoir, Dieu, Père, Fils, St Esprit, Croyance, Foi, Sang, Vie, Vent, Souffle, Divin, Terre, Eau, Univers, Jugement dernier »

Tu vas me dire que tu es athée, agnostique, et sans aucune foi. Je te réponds : c’est ta liberté mais nous avons tous une croyance et la première c’est avant tout en soi-même. C’est ce qui donne le chemin de ta vie et l’espoir.
D’où viens-tu ?
Le fils de ton père et non du St Esprit me dis-tu ! C’est vrai, c’est lui qui t’a donné ton sang et ton souffle. Mais alors, le commencement tu le vois comment ?
Ta rétorque est simple en évoquant tes aïeux dans lesquels tu ne trouves ni dieux miséricordieux, ni Allah, ni la terre avec l’eau, le vent, la lumière et l’univers. C’est ton jugement dernier et ta conviction. On discute et voilà, les 24 mots sont là ! Et cette liste m’inspire une prière pour tous :

Dieu miséricordieux, 
quel que soit ton nom… Dieu, Allah, le Père, le Fils, le Saint-Esprit…
Toi qui as créé l’univers, et la terre que tu as inondée de lumière,
et avec l’eau et le vent nous a donné le souffle de notre vie, notre sang.
Par ce commencement,
tu as donné notre foi, notre croyance et espoir en nous laissant la liberté.
Toi le Divin, nous te servirons humblement.
Par nos prières et par amour, tu nous pardonnes les guerres avant ton jugement dernier .

Comme tu peux le voir, chaque mot a plusieurs sens. En fait, ils ont le sens que tu veux leur donner. Tu as ton opinion et tes idées au même titre que tous, c’est la liberté de chacun.

Voilà pourquoi, pour moi, l’aumônerie est avant tout un lieu d’échange et de dialogue qui peut ouvrir ta voie en la respectant.

Alors je dis merci à Robert et Annie et toute l’équipe de l’aumônerie pour cette réflexion.

Les JMJ à la voile

Les prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse se dérouleront du 22 au 29 janvier 2019 à Panama.

17 jeunes étudiants et professionnels de l’Ouest, dont la fontenaisienne Anne-Laurence, ont fait le pari fou de s’y rendre à la voile. Ils ont pris la mer vendredi dernier, 31 août, de Camaret-sur-Mer (Finistère) après la messe d’envoi présidée par Mgr Dognin, évêque de Quimper et Léon, qui leur a remis la statue de Notre Dame de la Antigua confiée à leur projet par l’archevêque de Panama

Leur projet audacieux repose sur 3 piliers : une expérience spirituelle, une aventure humaine, une aventure missionnaire pour le monde. C’est aussi « un triple défi pour [se] construire et devenir ceux qu'[ils] doivent être au monde pour porter du fruit ». Ce voyage comme un long pèlerinage pour se préparer aux JMJ, faire une halte dans leur vie apparemment bien tracée et y découvrir à quoi le Christ les appelle. Ces jeunes qui ne se connaissent pas au départ apprendront à se connaître et à vivre ensemble dans cet espace réduit qu’est un voilier, ils devront mener à bien leur projet avec si peu d’expérience de navigation. Enfin « dans le sillage de saint Paul, l’apôtre des nations, qui brava maintes tempêtes pour témoigner de sa foi et la transmettre au-delà des mers » ils veulent « témoigner de leur foi aux quatre coins du monde » en allant à la rencontre des gens et des associations caritatives sur les lieux d’escale.

Partis de Camaret-sur-Mer ils feront halte sur la terre ferme à la rencontre des communautés chrétiennes locales, et pour se ressourcer : St Jacques de Compostelle, Fatima, au Maroc pour découvrir le Père de Foucault, au monastère de Keur Moussa au Sénégal… Et enfin ce sera la longue traversée de l’Atlantique pour atteindre les Antilles où ils devraient passer Noël et arriver à Panama mi-janvier 2019.

Bon vent jeunes matelots, et on va vous suivre ! Le pape François vous avait demandé de quitter vos canapés, vous l’avez pris au mot et vous n’avez pas choisi le chemin le plus confortable pour le rejoindre, maintenez le cap ! Ultreïa !

Sœur Emmanuelle

 

Père François Garnier

L’annonce du décès de Monseigneur François GARNIER nous émeut énormément. Nous savions sa maladie, il ne la cachait pas et Internet nous permettait d’avoir de temps en temps de ses nouvelles, pour certaines données par lui-même dans un sens de pleine responsabilité d’un pasteur vis à vis de ses brebis.

Nous avions eu l’occasion de faire sa connaissance dans des circonstances particulières, un pèlerinage, et jamais nous n’avons oublié sa gentillesse, son humour, son appétit pour la vie. Il était et est toujours resté un bourguignon tel que l’on imagine la population de ce terroir d’extrême qualité. Il était très attachant.

Mais il était aussi un pasteur qui, au-delà d’une grande capacité d’écoute, savait fixer un cap, définir un horizon de vie chrétienne engagée et exigeante. Il le rappelait facilement à un coin de phrase, de réflexion. Sa Foi vibrait, rayonnait, habitait sa vie. Elle nous touchait en plein cœur. Un médecin dirait qu’elle était contagieuse.

En 1997, nous l’avions contacté pour lui demander conseil afin d’intégrer un mouvement catholique local. Il nous avait répondu : « tu n’as qu’à créer une section CFPC* (devenu depuis EDC*), j’en ai accompagné une en Bourgogne et j’ai eu beaucoup de satisfactions ». Son vicaire épiscopal, le Père Yves CLÉNET, accompagnait l’unique section vendéenne à La Roche sur Yon. Il nous guidât pour créer une section locale à Fontenay et devint immédiatement notre conseiller spirituel. L’aventure dure encore 21 ans après.

Les Assises Nationales du mouvement EDC étaient à Lille en 2016 et le Père François nous avait écrit combien il tenait à nous y rencontrer. Il nous accueillit avec beaucoup de joie, une joie particulièrement profonde. Mais il n’assista pas aux Assises car sa maman venait de décéder et dès le lendemain il prenait la route de Dijon. Sa peine ne l’empêchait pas de partager sa joie chrétienne profonde. Un message fort de Foi.

Nous fûmes reçus le lendemain soir par la section EDC de Lille qu’il accompagnait et cela restera un très grand moment de rencontre chrétienne engagée. Il n’était pas présent mais tous évoquaient et échangeaient sur ce qu’il était capable d’apporter à toutes ses brebis. Il était parmi nous.

Ce fut notre dernière rencontre.

Il nous reste à continuer notre chemin en rendant grâce de l’avoir connu, en gardant en mémoire son discours et son enseignement, en se disant que si nous sommes petits, il nous a permis de grandir un peu.

Merci Père François.

Philippe Ducloyer,
président de la section EDC de Fontenay-le-Comte

*EDC – Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens
*CFPC – Centre Français du Patronat Chrétien

Marche Pastorale du Collège Saint Joseph

“La pluie du matin n’a pas retardé les pèlerins !”

Notre marche pastorale, s’est déroulée le 18 juin dernier. Nous étions environ 300 à marcher vers Chaix en découvrant la vie et les œuvres du père Pierre Monnereau à travers un jeu de piste et d’énigmes.

Nous avons profité de cette journée pour remettre notre don à l’association « Ataxie de Friedrich ». En effet la somme de 1 000 € avait été collectée lors du bol de riz organisé en cours d’année au collège.

Après le pique nique, nous nous sommes rassemblés pour une célébration en plein air avant de reprendre le chemin du retour en direction du collège où un goûter nous attendait.

Ce fut un agréable moment pour tous : élèves et adultes.
Merci à tous les participants pour leur enthousiasme manifesté tout au long de la journée !

L’équipe d’animation pastorale

 

 

Prêtre aujourd’hui…

En cette veille du dernier dimanche de juin, je me laissais aller à regarder sur internet quelques images et vidéos d’ordinations sacerdotales. En effet ce week-end, proche du 29 juin, fête des apôtres St Pierre et St Paul, auront lieu plusieurs ordinations de prêtres en France. 125 ordinations nous dit-on. Objectivement 125 c’est un bon chiffre, mais ramené sur la terrain cela ne fait que 1,3 prêtre par diocèse.

Des jeunes s’engagent et donnent leur vie à Dieu au service de l’Église dans un diocèse, et cela pour toute leur vie. C’est long une vie aujourd’hui !… Leur don est total et généreux. Là aujourd’hui ils sont entourés de leurs familles, de leurs nombreux amis. Sur les réseaux sociaux ça transpire la joie et le bonheur.

Et en même temps je voyais internet s’enflammer à propos de ce prêtre qui a giflé le bébé qu’il devait baptiser. Une vidéo vue par des millions d’internautes, le scandale, des tweets violents et haineux contre cet homme et pendant qu’on y est contre le prêtre en général et l’Église elle-même.

Même si son geste peut s’expliquer par la fatigue, l’âge (89 ans), les cris du bébé… rien ne le justifie. On est bien clair là-dessus. Mais cela n’autorise pas pour autant un tel acharnement sur lui, une condamnation péremptoire faisant fi de ce qu’a pu être toute sa vie de prêtre. Ce prêtre a peut-être fait du bien toute sa vie, loin des caméras, loin des directs, loin des lynchages par écrans interposés. Ces fruits seront oubliés parce qu’une vidéo est devenue virale. Cette société du direct devient irrespirable écrit Mahaut Herrmann, journaliste.

Certes cet événement ramène sur le devant de la scène une multitude de questions sur l’Église et la vie des prêtres, questions récurrentes, mais les balancer ainsi avec mépris et agressivité ne fera rien avancer.
Voilà, c’est ça internet : le beau et le très moche et méchant qui s’entremêlent. Le quasi-anonymat derrière lequel on se réfugie pour se laisser aller à l’injure et au dénigrement.

Alors, à la messe de ce samedi soir l’intention de prière empruntée au Pape François prenait corps et visages : « Pour que les réseaux sociaux favorisent la solidarité et l’apprentissage du respect de l’autre dans sa différence ».

Et puis, à la fin de la messe, la petite annonce en plus, celle qui n’est pas sur les feuilles. Dès les premiers mots l’assemblée est toute ouïe. Tout d’abord on nous dit que notre curé est prolongé dans sa mission de curé de notre paroisse et de la paroisse voisine. Bon, là ce n’est pas un scoop, on n’y apprend rien. Et le prêtre de poursuivre la lecture de son message : les prêtres de l’équipe pastorale de Fontenay apporteront leur soutien aux paroisses de Fontaines, Benet et Maillezais. Là, par contre, grosse surprise. Visages interrogateurs. Et le prêtre d’ajouter avec humour et sourire : « espérons que nos santés tiendront ».

Nous y voilà. On savait bien que ça viendrait un jour. Mais tant que ce jour est demain on n’y pense pas trop. Et là c’est aujourd’hui. C’est aujourd’hui que des prêtres travaillent jusqu’à pas d’âge et que, un peu plus jeunes, leur mission s’étend sur des secteurs géographiques de plus en plus vastes.

Un nouvel évêque nous arrive, il était attendu, il est bienvenu, bien accueilli. Un grand chantier l’attend…. Comment allons-nous trouver ensemble des chemins de foi et de prière sans avoir toujours besoin d’un prêtre… ou plutôt sans qu’un prêtre soit toujours indispensable ?

Prions pour les prêtres, au service de leurs frères habituellement jusqu’à 75 ans et au-delà pour encore de nombreux services. Prions pour les vocations sacerdotales. Prions pour l’Église.

Sœur Emmanuelle

Les trois messes

Comme prévu dimanche matin, je pars pour participer à la messe célébrée à la prison. Quel beau partage cette fois encore ! Les textes du jour nous introduisent dans la véritable fraternité, celle proposée en Christ, accessible à chacun de nous, sans condition, « même si en nous, l’homme extérieur va vers sa ruine ». Le célébrant nous dit la confiance que Dieu nous fait qui que nous soyons. Robert nous partage certaines réponses des prévenus sur « les conditions pour revenir à la Vie », à la fraternité proposée par le Christ : la juste distance, l’affection, la fidélité, le respect… Lors du moment de convivialité, l’un d’entre eux dit combien il est content de sa première permission de sortie, alors qu’il craignait tant. Un autre nous parle de la chaleur des cellules et du bonheur lorsque le gardien ouvre la porte pour faire de l’air. Je repars nourrie de ces rencontres.

R. me dit qu’il va à La Roche avec A. pour fêter les 200 ans des sœurs de Mormaison. Je les accompagne. Quelle joie là bas de prendre le repas avec quelques fontenaisiens ! Quel bonheur de retrouver tous ceux que je connais par ailleurs ! Quel plaisir de partager la joie des sœurs ! Je pars pour la deuxième messe de la journée à l’église Saint Louis. Quelle beauté dans cette célébration ! De nombreux prêtres concélèbrent, l’église est comble, les sœurs malgaches nous offrent une magnifique procession dansée. L’homélie de l’administrateur diocésain nous rappelle de quel Amour infini le Christ nous comble, un Amour qui surpasse tout et finalement, ne peut que susciter notre propre Amour. Le pot de l’amitié, la danse de la brioche concluent cette journée mémorable.

Le lendemain est jour de messe à la maison paroissiale. Des habitués, de plus en plus nombreux s’y retrouvent chaque lundi soir. Quel petit bijou cette messe ! A quoi cela tient-il ? Après les lectures, nous nous asseyons pour écouter avec délectation ce qu’exprime le prêtre ; en intimité, avec des mots simples mais ciselés, il nous conte les misères de Paul, les joies de tel évangéliste. Et c’est comme si c’étaient nos peines et nos joies. Il nous conte le contexte de l’époque comme si nous y étions. Il fait des ponts entre ce que nous vivons et ce qu’ils vivaient au temps de Jésus. Il nous rapproche du Christ. La liturgie eucharistique qui suit est tellement baignée de Vérité que nous faisons Unité.

Trois messes, trois prêtres différents, figures du Christ. Chacun d’eux s’adapte à son public, chacun d’eux refait à chaque célébration les mêmes gestes, redit les mêmes mots et prépare son homélie.
A l’instar de chaque personne consacrée, religieuses, religieux, laïcs consacrés, chacun d’eux par sa vie entière, invente une autre façon de dire la Joie, d’annoncer la Bonne Nouvelle d’un « Dieu éternel mort en esclave sur la croix »(1) .
Quelle Vie, quel don à l’heure où l’on nous dit qu’un prêtre catholique est assassiné tous les neuf jours dans le monde(2). Quelle audace de s’en remettre à un Dieu inattendu qui, pour nous, « se défait de lui-même pour se promouvoir » avec nous(3) . Quel culot, en plus, de vouloir passer sa vie à l’annoncer.

Il nous faut prier pour chacun de nos prêtres, il nous faut prier pour demander que d’autres vies consacrées émergent et témoignent d’un « autrement » à vivre.

Merci pour cette part d’Éternité que chaque consacré veut placer en chacun de nos cœurs.

Dominique Georges-Pinet

(1) A lire la tribune de la Croix du lundi 11 juin p.26 : « les ressources du Christianisme » (relecture de l’Evangile de Jean) de François Jullien
(2) Site internet Aleteia
(3) La croix du 11 juin : cf note 1

Une matinée à la Maison paroissiale

9 h 30, l’accueil de la maison paroissiale s’ouvre sur un beau soleil printanier…
A peine le temps de faire le tour des livres exposés (tiens, y a des nouvelles biographies de saints, ça doit être intéressant !), que le téléphone sonne..
Une célébration de sépulture est demandée… il faut réagir vite… A l’autre bout du fil, un professionnel qui a des exigences à respecter. Efficacité, rigueur, et amabilité surtout quand nous avons un contact avec une famille dans l’épreuve. Nous sommes le premier visage de la paroisse.
Quelques appels plus tard, la sonnerie de la porte retentit… une personne âgée qui, au gré d’une demande de renseignements, apprécie un petit temps de partage qui vient rompre la monotonie des jours de solitude.
Elle part juste au moment où arrive une maman avec bébé… une demande de baptême est un contact important avec une église que les jeunes parents ne connaissent pas toujours très bien… Un sourire les met à l’aise…
La matinée passe vite nous laissant entrevoir quelques moments de vie de nos frères chrétiens.
Déjà midi, je ne quitte pas la maison paroissiale comme j’y suis arrivée… je suis un peu plus riche de tout ce que j’ai reçu de visible (un bureau bien soigné, des livres bien présentés, un joli bouquet de fleurs) et d’invisible (un regard qui se lève et s’éclaire, un mot gentil, un échange en confiance)…
Qu’il est bon de se sentir au service de tous ces bénévoles qui donnent leur temps, leur énergie, leur sourire…

Sylviane Redois

Mon premier pélé avec Lourdes-Cancer-Espérance

Avec mon époux, nous sommes côte à côte pour affronter la maladie qui, diagnostiquée en juin 2010, a ouvert un chemin douloureux où il a fallu tenir le cap et persévérer malgré les hauts et les bas. Un surcroît de vie m’a été redonné avec ma rémission ; je la considère comme un cadeau et elle ouvre aussi une porte pour continuer de veiller en sachant que Dieu marche à nos côtés et qu’Il est aussi le chemin. J’ai comme une dette envers Marie, comme si elle me chargeait de témoigner autour de moi de cette paix qu’elle m’a donnée. A ceux qui sont éprouvés, j’ai envie de livrer un message d’Espérance. Ma foi s’est approfondie par tout ce que j’ai vécu, et la maladie m’a unie plus encore au Seigneur et à Marie. En 2011, je suis restée à l’hôpital 76 jours, après une récidive et de lourdes interventions. Je souffrais beaucoup. Un moment particulier est resté gravé dans mon cœur quand le 03 juin, jour anniversaire de notre mariage, tenant la main de mon mari, nous avons prié ensemble un « Je vous salue Marie ». Les jours qui ont suivi, j’ai ressenti que j’allais mieux.

Ensemble, nous avons participé à notre premier pèlerinage LCE (Lourdes-Cancer-Espérance) au mois de septembre suivant. J’ai reçu le sacrement de l’onction des malades qui, pour moi, ouvre à la vraie rencontre avec le Seigneur. J’y suis allée en portant dans le cœur une certitude : « Si tu t’en sors, la force que tu vas recevoir va te servir. Sinon, elle va t’aider à passer de l’autre côté. ». J’ai le sentiment que j’ai été rejointe par le Seigneur et, qu’à mon tour, il me faut communiquer cette force de vie que j’ai reçue.

Marie-Annick (LCE 85)