Aller vers l’autre pour aller plus haut

Cette année, au Collège Saint Joseph, nous avons choisi comme fil conducteur le thème suivant : « ALLER VERS L’AUTRE POUR ALLER PLUS HAUT ».

Vendredi 16 septembre, à la pause de midi, nous nous sommes rassemblés au sein du collège à l’occasion de la célébration de rentrée pour prendre le temps du partage et pour offrir à Dieu notre nouvelle année scolaire.

Le Père Bidaud a fait une homélie mêlant humour et réflexion en demandant aux jeunes de s’ouvrir « aux autres » plutôt que de se livrer à des jeux virtuels tels que la chasse aux Pokémons 😉

Le Père Deogratias a été présenté à l’assemblée car c’est lui qui prend la suite du Père George dans l’accompagnement des jeunes au collège et à l’aumônerie.

Notre directeur et diacre François Boudet était présent avec une trentaine d’adultes (parents et adultes du collège) et une soixantaine d’élèves. La célébration a été agrémentée d’un diaporama ainsi que d’un accompagnement musical mené par quelques enseignants fort appréciés par tous.

Ce temps de recueillement s’est clôturé par un pique-nique partagé en salle de réunion avant la reprise des cours de l’après-midi.

 L’Equipe d’Animation Pastorale

Elles ont fait bénir leur maison

Certains auraient pendu la crémaillère, elles ont choisi de faire bénir leur maison.

Elles ont emménagé là il y a six mois, pas tout à fait nouvelles dans le quartier pourtant puisqu’elles n’étaient qu’à deux kilomètres. Quelle idée de déménager à deux kilomètres ! C’est l’aboutissement d’une réflexion commune entre la paroisse St Hilaire de Fontenay et la Congrégation des Soeurs des Sacré-Cœurs de Jésus et de Marie. La première, en restructuration, cherchait à garder une présence religieuse dans un quartier de la ville et un lieu d’accueil pour de petits groupes. La seconde cherchait un habitat plus adapté à une communauté religieuse.

En ce lieu, en réponse à l’appel de la paroisse, la communauté de quatre Sœurs a une mission d’accueil et de proximité, de présence toute simple aux gens du quartier.

Une pièce de la communauté sert donc aussi à l’accueil de petits groupes : enfants du caté, réunions d’équipes liturgiques, soirées bibliques, groupes de prière…

Accueil de groupes mais aussi accueil individuel, porte ouverte à qui veut venir confier une joie, une peine, partager un moment de prière, passer un moment pour rompre la solitude, ou le simple plaisir de prendre un café en bavardant.

Et alors pourquoi bénir cette maison ?
Dans la Bible, une bénédiction est d’abord un acte de Dieu qui veut le bien pour l’homme. Elle est aussi reconnaissance de la grâce de Dieu. Lorsque l’Église bénit elle affirme la présence de Dieu* à l’œuvre dans sa création. Bénir une maison rappelle que l’existence de l’homme dans toutes ses dimensions (travail, loisir, repos…) intéresse Dieu. Bénir une maison c’est bénir ses occupants afin qu’ils reconnaissent la présence de Dieu dans leur vie et qu’ils la transmettent à leurs frères et sœurs.

Ainsi comprise la bénédiction ne pouvait être qu’un coup de goupillon sur les murs de la maison, mais elle s’enracinait dans la Parole de Dieu, et la prière commune. Puis le célébrant a béni les personnes présentes et les pièces de la maison.

Michèle, Marcelle, Christiane et Isabelle avaient invité largement amis et proches, « utilisateurs » de la salle, la réponse a été à hauteur de leurs attentes. La diversité des participants reflétait la diversité des bénéficiaires, des amis, l’ouverture de la communauté, les liens déjà tissés.  Michel, ému, a spontanément pris le micro pour remercier les Sœurs de leur soutien quand il a perdu sa femme.

La soirée s’est poursuivie par un temps convivial autour de boissons fraîches où de nouveaux liens ont pu se créer, jusque tard dans la soirée, certains pas pressés du tout de rentrer. On était bien là.

Que cette maison soit en effet un lieu où il fait bon vivre, où il fait bon venir, où Dieu se fait proche, où la Bonne Nouvelle est annoncée et vécue. « Venez, et voyez » (St Jean 1, 39).

Sœur Emmanuelle

* Père Sébastien Antoni, assomptionniste

Photos de l’après-midi

Jésus aime les chasseurs de pokemons

Le jeu POKEMON GO est arrivé comme une déferlante en France fin juillet. Depuis, qui n’a pas déjà observé ces jeunes (ou moins jeunes) déambulant les yeux rivés sur leur portable et faisant glisser leur doigt sur celui-ci ?
Qui n’a pas remarqué, en particulier, les regroupements de joueurs réguliers devant Notre-Dame ?…
Ce sont des chasseurs/dresseurs de pokemons, ces petites créatures numériques ayant pour vocation d’être capturées pour combattre ensuite dans des arènes face à d’autres pokemons.
Ces créatures se capturent à l’aide de « pokeballs » que l’on accumule en allant se positionner sur des « pokestops ». Et c’est là que nos églises entrent en jeu !
En effet, ces pokestops sont positionnés sur les lieux et sites remarquables, en France et sur une bonne partie du globe. Les églises sauf exception en font partie. A Fontenay-le-Comte, il y a notamment deux pokestops à Notre-Dame (pour la flèche et le portail Nord) et un à St-Jean-Baptiste.

Pokémon 1 - FoulonneauPokémon 2 - FoulonneauPokémon 3 - Foulonneau

 

Quelques prêtres ou paroissiens se sont déjà exprimé sur le sujet et ils rivalisent d’humour pour interpeler les joueurs qui se présentent à leurs portes.
Certes, Jésus aime aussi les joueurs de pokemons, mais apprécions qu’ils ne soient pas incités (pour l’instant) à entrer à l’intérieur des églises… comme cela se fait notamment aux Etats-Unis !
Je ne résistais pas à l’envie de vous faire partager ces notes d’humour.
Il y aurait beaucoup à dire sur le phénomène et son impact social, mais je laisse cela à plus philosophe que moi. Je constate seulement que ce jeu a fait prendre l’air à de nombreux ados pendant cet été, ce qui est plutôt une bonne chose. Cependant, espérons que l’addiction sera moins forte que la nécessité d’apprendre ses leçons !…
Bien à vous tous.

Matthieu Foulonneau
(père de deux ados et chasseur de pokemons à l’occasion)

Drames, larmes, armes

Voici la communauté catholique touchée en plein cœur, en plein chœur. Un frère prêtre, de cette génération qui sert encore et toujours d’âge en âge, a été tué, alors qu’il allait célébrer la messe. Christ a donné sa vie pour nous. Jacques a donné sa vie pour ce monde. Il le faisait par tant de services offerts, tant de liens tissés au quotidien, comme tant d’autres prêtres en paroisses. Il est mort martyr, témoin qu’ « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ».
Ce drame nous éprouve une fois de plus. Les terroristes savent manier les symboles et faire de la communication. Ils frappent, lors d’une messe ordinaire dans une paroisse ordinaire si bien que tous nous nous sentons visés. Au jour d’ouverture des JMJ, ils volent la vedette médiatique à la fête de la jeunesse catholique par excellence. On frappe l’homme de paix, investi dans le dialogue inter religieux, on frappe l’homme de Dieu. On blesse la foi la plus profonde. On veut nous pousser à réagir, à « surréagir », à entrer dans la terreur pour nous laisser emporter par la vengeance. En cet été 2016, les attentats se succèdent aux attentats, les drames aux drames. On nous vole le repos mérité, guerre d’usure. Nous voilà plus conscients de ce qui fait le quotidien de tant de peuples, trop ignorés.
Les larmes de l’émotion partagée nous envahissent. Émotion légitime, nécessaire. Nous pensons à Jacques, à sa famille, sa paroisse, le diocèse de Rouen, tous les habitants de St Etienne du Rouvray. C’est tout un réseau d’humanité qui est touché. Nous prions pour eux tous.Flamme
Des proches, des amis font signe au prêtre que je suis. Ils comprennent que nous sommes des cibles. Nous le savions. Nous l’éprouvons. Mais chacun est visé dans ce pays cherchant à conjuguer liberté, égalité, fraternité dans la diversité plurielle et dans la concorde nationale. La peur pourrait nous atteindre, nous gagner, au sens de nous vaincre. Et sans vouloir trop relativiser les événements, nous avons toujours plus de risque en France de mourir d’accidents de la route que d’attentats.

De quelles armes disposons-nous pour lutter ? Ce qui se joue au plan militaire, judiciaire et politique,  je le laisse aux responsables. Citoyen, je pourrais poser des questions, mais ici, comme curé de la paroisse, je porte d’autres questions et convictions.
Il est des armes qui se retournent contre nous et Daesh sait en user dangereusement.
1° arme : émotion et médias. Dans notre société occidentale libre, transparente, sur-médiatisée, l’info circule vite, l’image peut fasciner. Ne nous laissons pas désarmer par notre propre usage des médias. Dans la tyrannie de l’immédiat, nous nous impressionnons nous-mêmes. Les journaux télévisés captent l’émotion des voisins, des proches et risquent de nous enfoncer dans le seul registre émotionnel, là où nos sociétés libres peuvent s’avérer bien vulnérables. Le trouble causé par ces drames suscite de l’émotion qui doit nous inviter à une vraie compassion active, une générosité à se serrer les coudes, mais ne nous laissons pas enfermer dans l’émotionnel.
2° arme : la mouche et l’éléphant. Lu sur internet. Aucune mouche ne peut prétendre briser un magasin de porcelaine. Mais si la mouche agace suffisamment l’éléphant, il pourrait lui, par un faux-mouvement, détruire la porcelaine. La mouche, c’est le terrorisme, la porcelaine, ce sont nos valeurs démocratiques et du vivre ensemble, l’éléphant, c’est nous tous en société française. Ne laissons pas la mouche nous faire sortir de nos gonds, de notre raison.
Les armes à utiliser, Mgr Lebrun les nomme : « pas d’autres que la prière et la fraternité ». La prière qui nous relie à plus grand que nous, qui nous apprend à aimer comme le Père, qui convertit notre colère en engagement pour la Vie. La fraternité, sans cesse à inventer avec nos voisins, avec ceux qui pensent différemment, qui croient autrement.
Nous réalisons qu’il faudra tenir dans la durée, et nous pouvons offrir à notre société un trésor de sagesse, avec d’autres écoles spirituelles, et rester comme disait Mandela « le capitaine de mon âme » refusant de céder à la peur, à l’intimidation, et pourquoi pas nous inspirer du flegme britannique, de la détermination paisible et tenace des voisins d’Outre Manche durant la 2° guerre mondiale. Les vertus chrétiennes de patience, courage, de force, de tempérance, quel bel héritage à partager et à faire fructifier en ce temps !

François Bidaud,
Curé de la paroisse St Hilaire de Fontenay

Petit patrimoine fontenaisien

C’était une première, tant sur le fond que sur la forme. Une soirée co-organisée par la Pastorale du Tourisme de Vendée  et Fontenay Ville d’Art et d’Histoire pour une visite insolite de Fontenay-le-Comte : Chemin faisant levons les yeux sur le petit patrimoine religieux. PETIT patrimoine religieux ? Non point péjoratif le terme veut plutôt désigner ces richesses ignorées devant lesquelles on passe sans les voir, ou qu’on a tout simplement oubliées à force de les voir. Oui, levons les yeux, et pas que sur le patrimoine religieux.

Sous la forme d’une promenade découverte dans quelques rues des environs de l’église Notre-Dame, Marie-Gabrielle, animatrice du patrimoine, nous a entraînés au son de son accordéon attirant notre attention sur tel ou tel détail. Une nouveauté pour elle aussi, elle a dû fouiner un peu dans ses documents pour nous éveiller à ces détails, implorant de ce fait notre indulgence. Pas nécessaire ! passionnant son parcours et ses commentaires. Du parvis de l’église Notre-Dame aux jardins de l’Union Chrétienne elle nous a successivement dévoilé le porche de Notre-Dame et la petite place St Pierre, en hommage à une illustre religieuse aussi généreuse qu’intrépide capable de toutes les audaces, car pour le Bon Dieu que ne ferait-on pas ?

Puis la rue Émile Boutin qui conduit à l’entrée du parc Baron avec les vestiges de son château fort , rue de la Tuée (hum!), rue du Bédouard , rue Jean Imbert, rue Barnabé Brisson et le collège St Joseph, et toutes les richesses cachées de la rue Rapin : le château de Terre Neuve, la Tour Rivalland, l’ancien Carmel. Cette dernière partie du circuit est certainement celle qui a le plus surpris les fontenaisiens : depuis le temps qu’on est là, on n’était jamais venus ici ! Honte ! Merci Marie-Gabrielle. Il est vrai que pénétrer dans l’ancien cloître du Carmel n’est pas facile, souvent une grille en ferme l’accès. Carmel reconverti en logements.

La balade était ponctuée à trois reprises de lectures appropriées : une prière de St Jean-Paul II à la Vierge du Calvaire, pour l’arrêt au calvaire de la Commanderie, un extrait de la Vie de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face pour la station au Carmel et une poésie du P. Bonnaud (1898), curé de Charzais, « Prise de possession par Jésus de la chapelle de l’Union-Chrétienne », pour l’arrivée en cette chapelle.

Une quarantaine de personnes ont participé à cette première édition. De tous âges, d’origines diverses et aux motivations variées. De « vieux » Fontenaisiens curieux de découvrir ce qui aurait bien pu leur échapper, des « revenants », j’entends par là des Fontenaisiens partis pour études et travail professionnel et revenus au moment de la retraite, surpris de découvrir « comme c’est beau ici ! », des croyants et des moins-croyants, une jeune tchèque avide de découvrir sa nouvelle terre…

La soirée s’est terminée autour d’une boisson fraîche dans les jardins de l’Union Chrétienne et un pique nique. Un dernier air d’accordéon avant de se quitter… certains n’ont pas résisté à son appel pour un pas de danse.

Quelques heures de bonheur alliant culture, détente, rencontre et partage. Pour une première, bravo les organisateurs, et merci… Rendez-vous dans un an pour la deuxième édition, n’est-ce pas ?

Sœur Emmanuelle

♦ Autres propositions de la Pastorale du Tourisme dans le Sud Vendée : 19 juillet et 9 août

D’autres photos de la soirée

 

Musulmans et chrétiens rompent le jeûne ensemble

Le groupe de rencontre entre chrétiens et musulmans de Fontenay le-Comte a eu le privilège d’être invité à venir rompre le jeûne du mois de Ramadan par nos amis de La Rochelle. Nous n’étions malheureusement que quatre (3 chrétiens et un musulman) à avoir pu nous rendre disponibles pour cette soirée du 30 juin. Nous avons été très chaleureusement accueillis dès notre arrivée à la mosquée vers 21 h 15. Nous avons librement partagé et notamment la pratique du Ramadan, la rupture du jeûne et les prières nous ont été brièvement rappelées ainsi que le sens de l’aumône. Nous avons eu l’heureuse surprise d’apprendre qu’un couple de chrétiens protestants, le responsable de la communauté juive de Charente maritime et le prêtre de la paroisse de Mireuil (lieu d’implantation de la mosquée) avaient également été invités; ils sont d’ailleurs arrivés très vite et nous avons pu mesurer la cordialité des échanges entre ces personnes qui se connaissent bien puisqu’ils participent toutes les 6 semaines au groupe interreligieux fondé à La Rochelle il y a de nombreuses années déjà.

L’heure de la rupture du jeûne est bien vite arrivée (quelques minutes après 22 h), marquée par l’ingestion de quelques dates et lait ou eau et nos amis musulmans nous ont invités à les suivre dans la salle de prières si nous le désirions bien sûr: nous les avons tous suivis avec plaisir. Et après cette courte prière, nous nous sommes dirigés vers les tables dressées pour tous ceux qui chaque soir peuvent venir gratuitement partager le repas après la journée de jeûne. La nourriture est payée grâce aux dons des fidèles et la préparation et le service assurés chaque jour par des volontaires qui se relaient tout au long de l’après midi et la soirée.Rupture jeûne La Rochelle T 800 signée

Le repas était succulent de même que le thé à la menthe servi ensuite. L’ambiance était très détendue et chaleureuse et les échanges très libres entre croyants de différentes confessions. Le responsable juif nous a invités à venir assister à la prière du vendredi soir à la synagogue : l’imam et les autres responsables musulmans ont accepté l’invitation.

Nous nous sommes quittés après avoir assisté à la petite prière qui suit le repas. Pour cette prière les hommes ont suivi les hommes dans la partie de la mosquée qui leur est réservée et les femmes sont allées dans l’autre partie. Les deux parties sont séparées par une simple palissade et la prière est donc commune.
Maurice a été surpris de voir le nombre et la jeunesse des participants à cette prière du soir. Personnellement j’ai pu constater également que de nombreuses femmes participaient et combien leur ferveur était grande.
Après notre départ avait lieu une prière beaucoup plus longue qui consistait essentiellement à la lecture du Coran : durant le mois de Ramadan, les croyants musulmans se doivent de lire l’ensemble du Coran.

Rendez-vous est pris pour une première rencontre entre chrétiens et musulmans et tous les autres en octobre 2016: la date, l’heure, le lieu et le thème vous seront communiqués en temps voulu (il est prévu une rencontre trimestrielle, en alternance à Fontenay et à La Rochelle)

Cette très agréable soirée nous a confirmé que le vivre ensemble dans le respect des croyances de l’autre est tout à fait possible et nécessaire pour le bien de tous.

Éliane Florentin-Qanabita et Maurice Chagneau
responsables du groupe de rencontres entre chrétiens et musulmans
du pays de Fontenay-le-Comte

Biennale : « et si on faisait un char de la paroisse ? »

Quand cette paroissienne me retrouve en fin de défilé de l’après-midi, elle me lance le défi : « et si on faisait un char de la paroisse ? » Ben oui, l’idée est à première vue séduisante : ça montrerait que les cathos ont de la créativité, de la patience pour confectionner les roses, ne sont pas ennemis de la fête et de la bonne humeur. Voilà qui nous rendrait visibles !
La tentation pourrait être alimentée par le fait que dans la tribune des officiels où je trônais (privilège d’être « autorité religieuse ») juste au-dessus du colonel de Gendarmerie équipé d’une oreillette, sécurité et service obligent, dans cette tribune donc, a été suggéré que je bénisse le défilé. Dois-je céder à ses sirènes tentantes ? Comme si la paroisse se récupérait la Biennale, mais dans la demande s’exprimait un désir que Dieu nous protège pour que tout se passe au mieux. J’ai répondu : « on a prié pour tous ce matin et à l’église Notre Dame, George a accueilli les étrangers présents ».
Revenons à notre char. A vrai dire, tout bon chrétien qui se respecte doit avoir un rapport distancié avec les chars. On sait ce qu’il advint des chars de Pharaon poursuivant les Hébreux  : ils furent engloutis dans la mer ! Non, Dieu n’aime pas déployer sa puissance par les chars et les chevaux… Alors quoi faire dans la Biennale ? Dans les Actes des Apôtres, poussé par l’Esprit-saint, Philippe se contente de rejoindre le char de l’Ethiopien, à son invitation. De là, va se vivre une rencontre décisive…
Et s’il s’agissait simplement d’y être et d’en être, de cette foule rassemblée, dans une ambiance bon enfant, dans un esprit de communion, comme si l’esprP1080994it de Pentecôte soufflait sur ce peuple du pays de Fontenay, heureux de se retrouver.
Alors, les cathos, je les ai vus à la Biennale, j’ai vu des spectateurs et des acteurs, des élus impliqués, des enfants du caté dansant dans le défile, un jeune jouant au DJ, un jeune adulte déguisé en Minion, j’ai vu les maures et les chrétiens dans leurs costumes impressionnants défiler en paix, j’ai vu des cathos servant ici de la bière, là une crêpe… et moi j’ai fait quoi ? J’ai profité de la vue de la tribune officielle, saluant les uns, à droite et les autres, à gauche, puis je suis descendu, à la rencontre : j’ai pris des nouvelles des personnes, j’ai parlé avec cette famille récemment endeuillée, j’ai retrouvé ce couple marié il y a peu, j’ai vu des parents des futurs communiants, et j’ai même vu une choriste de la chorale des enfants : c’est la petite sœur de la Reine de la Biennale, excusez du peu !
Et je n’ai pas salué que les cathos : par exemple, j’ai parlé en français avec ce migrant soudanais fontenaisien depuis 6 mois..
Bref, les cathos étaient là, pas identifiables, mais présents avec les autres, au milieu des autres, sans désir de conquête ou de reconquête, heureux simplement de savourer la vie ensemble, d’être parmi ces bénévoles, élus, forces de sécurité, services municipaux, membres des quartiers, du comité des fêtes, sans qui rien ne serait possible. A la Biennale, cette joie d’être ensemble est une force, une espérance d’un monde où chacun a sa place. Voilà tout le char..me ! A chacun, chapeau et merci : j’arrête ici mon char.

François Bidaud

C’est boiteux qu’il faut affronter le frère…

Le déluge médiatique concernant les affaires de pédophilie dans l’Eglise ne cesse d’enfler.
Il fut un temps, pas si vieux, dans les années 70, où il était presque de bon ton dans certains cercles parisiens, littéraires ou politiques, d’afficher son goût pour les petits garçons ou les jeunes filles en fleur. Il est encore présent ce temps où la révélation de gestes déplacés, voire davantage, sur des mineurs ou même des adultes avaient pour seule réponse au désarroi des victimes : « n’en parle pas, ce n’est pas grave, tu n’es pas la seule, tu n’es pas le seul ». Et chacun devait s’en arranger. Ça existe dans tous les endroits de la terre et dans toutes les cultures. Parfois des années après, on découvre chez ces victimes un mal être incommensurable, indicible, une vie brisée. D’autres fois on met des noms de maladie sur la victime sans plus faire mémoire de l’histoire passée dans laquelle les victimes sont emmurées. Il faut quelquefois toute une vie pour retrouver confiance en la vie, en l’amour, en Dieu qui sauve. Dans la société comme dans l’Église, ce n’est pas rare mais tabou.
On attend davantage de la part de prêtres consacrés à Dieu mais on oublie qu’ils sont des hommes eux aussi et qu’on leur fait parfois porter de trop lourdes charges. Dans l’Église dirigée par des hommes, on joue parfois à l’ange et on peut devenir bête. Être dans l’Église ne signifie pas être parfait et il me plait de penser qu’à cause de cette imperfection et parce que nous le cherchons, Dieu a davantage soin de nous. Parce que l’Église a voulu, comme l’Éducation Nationale, protéger son intégrité, elle a parfois oublié d’écouter les voix des persécutés qu’il n’est décidément pas bon d’être ici bas. N’est-ce pas d’abord pour eux que Jésus est venu rendre témoignage ? Parce que les chrétiens se veulent « dans le monde » mais pas « du monde », ils ont parfois pensé, y compris certains ecclésiastiques, en toute bonne foi, que parler à un prêtre et se confesser pouvait suppléer la justice des hommes. Parce que les chrétiens ont foi en Dieu qui peut tout, ils pensent que demander pardon peut suffire à réparer les blessures mais pour un homme terrien, pardonner n’est pas oublier ; les stigmates sont comme ceux de Jacob et, n’en déplaise l’orgueil de chacun, c’est boiteux qu’il faut ensuite affronter le frère ; les stigmates sont comme ceux du Christ et c’est le trou béant au côté qu’il faut ressusciter.
Geopi - 01-05-2016Qu’on soit bourreau ou victime, et, à des degrés divers chacun est les deux à la fois selon les moments, les chemins pour suivre le Christ sont ceux des hommes et la justice des hommes est là pour rappeler que les hommes même incroyants ont un code applicable à tous pour permettre ce vivre ensemble dont on parle tant. Les chemins pour suivre le Christ sont souvent escarpés, difficiles, dangereux et la joie n’est pas toujours au rendez vous. Avant ou après la justice des hommes, mais jamais sans, la conscience du péché et la demande de pardon relèvent de l’intimité de chacun avec Dieu et, quand on le souhaite pour nous catholiques, de la démarche faite auprès d’un prêtre. Même si les chrétiens s’efforcent de ne pas être de ce monde, ils y vivent et toute leur vie, qui qu’ils soient, leur vie est tension permanente entre ces deux axes : « rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », dénoncer et condamner les actes délictueux et criminels ET aimer le prochain, même ennemi, même si son chemin pour suivre le Christ est différent du mien. Le Père ne donne pas la Paix comme les hommes la donnent ; Il est seul à pouvoir la donner et je veux croire qu’elle est de l’ordre de cette réconciliation totale avec soi même, de l’ordre de la Maison du Père.

Dominique Georges-Pinet

Pèlerinage à St Laurent

Logo 2Nous étions 70 samedi 2 avril à participer au pèlerinage du doyenné de Fontenay le Comte à St Laurent sur Sèvre. Deux temps forts (matin et après midi) ponctuèrent cette journée très sympathique : l’un autour du jubilé de la miséricorde et l’autre autour du tricentenaire de la mort de St Louis-Marie Grignion de Montfort. Après le piquenique simple et convivial, la possibilité du sacrement de réconciliation était offerte. La journée se conclut par la messe en la basilique où nous rejoignit un groupe des Herbiers venu à pied (23 km) jusque là.

Merci pour l’accompagnement et l’organisation de cette journée (P. François, Louis Marie, René-Claude), et pour l’animation joviale et pleine d’allant de Sr Marie Laure (Fille de la Sagesse) qui, avec ses consœurs, nous guida également dans la visite très intéressante de la maison- mère rénovée de la congrégation de la Sagesse. La journée, quoiqu’un peu froide en la basilique, nous laissa émerveillés de la beauté des parterres fleuris qui entourent la chapelle de la Sagesse, et emplis des méditations qui jalonnèrent nos chemins.

Les motivations de chacun pour ce pèlerinage restent personnelles mais il me vient une prière :

Jésus, Toi qui es miséricordieux, donne-moi le désir de te ressembler
« Que Ta promesse assure mes pas, ne laisse aucun mal me dominer »,
Jésus, Toi qui fis ta maison au cœur de Marie,
donne- moi de Te faire une place en moi toujours,

Mais surtout, quand je te vois malade, humilié, seul, exclu.
Donne-moi la grâce de transformer ma honte d’être proche de celui que tout le monde rejette.
Jésus, Toi qui as servi le Père,
donne-moi de me rappeler que Toi seul es le cœur de ma mission.

Jésus, Toi qui m’aimes d’un si grand Amour, aime en moi, là où ça m’est impossible.
Jésus…  comme Dieu qui fit confiance à Jonas, Tu eus confiance en la samaritaine…
Donne-moi de voir la confiance que me fait l’exilé.

Dominique Georges-Pinet

« N’oubliez pas l’hospitalité… »

« N’oubliez pas l’hospitalité, car, grâce à elle, certains, sans le savoir, ont accueilli des anges«  (Lettre aux Hébreux, chap. 13, 2).

J’aime beaucoup cette parole de la lettre aux Hébreux… elle a été citée lors de l’Assemblée Générale de l’ACAT*, qui se tenait les 2 et 3 avril à Ronce les Bains. Le thème principal concernait « l’accueil de l’étranger »…

marquet 1 T 700Il arrive que l’on taxe de naïveté ceux qui défendent cette idée de l’accueil. Notre société, inquiète des violences terroristes, et de l’immigration, (quitte à confondre les unes avec l’autre), se laisse envahir par la peur. Une peur entretenue par des médias qui se focalisent sur ces faits, bien réels évidemment, au détriment d’autres informations, et favorisent toutes sortes d’amalgames…

Les intervenants de grande qualité, que nous avons entendus ne sont pas des naïfs! Gabriel Nissim, Président de l’ACAT, Michel Bertrand et Florence Couprie, pasteurs de l’Église protestante unie, Geneviève Jacques, Présidente de la Cimade**, pour ne citer qu’eux, nous ont aidés à mieux évaluer les enjeux de société auxquels nous aurons à faire face. Car ne nous y trompons pas, ces événements ne sont pas conjoncturels mais durables. Nous aurons à vivre avec des populations exilées, victimes de violences: guerres, misère, famines, causées aussi par les changements climatiques déjà bien en route…

Dans ce contexte, l’ACAT a conscience que son action est nécessaire en face de politiques de plus en plus tentées par la restriction des libertés… des petites voix (ou d’autres tonitruantes) commencent à trouver des justifications à la torture, à la peine de mort… Alors, nous sommes invités à « entrer en résistance spirituelle » et apporter notre contribution à un climat de fraternité. A « accueillir l’autre dans sa différence, et rechercher en lui sa ressemblance avec moi ».

Accueillir l’étranger, c’est sans doute un vaste chantier qui s’ouvre. Cela veut dire que j’ai à lutter contre mes peurs, à me souvenir que mon pays, à l’instar de l’Europe, est bien frileux en matière d’accueil, comparé à d’autres pays pourtant plus pauvres.
Accueillir l’étranger, ce n’est pas de l’angélisme, au contraire, c’est ouvrir les yeux sur les réalités d’aujourd’hui, dans un monde globalisé où il sera impossible de se recroqueviller dans son petit chez soi.

Or, pour agir sur les peurs, il faut d’abord les entendre. Nos églises ont un rôle à jouer. Elles doivent être des lieux d’échange, d’écoute, de non-jugement, pour changer notre regard sur l’autre et redonner peu à peu confiance.

Laurent Gaudé (Goncourt 2004) est un auteur que j’apprécie. Je mettrai en conclusion les derniers vers d’un poème qu’il a écrit sur le sujet…

Regardez-les,
Ils ne nous prennent rien.
Lorsqu’ils ouvrent les mains,
Ce n’est pas pour supplier,
C’est pour nous offrir
Le rêve d’Europe
Que nous avons oublié.

Marie-France Dauce

*Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture »
**vous trouverez des articles les concernant sur internet si vous le souhaitez.