Marche Pastorale du Collège Saint Joseph

“La pluie du matin n’a pas retardé les pèlerins !”

Notre marche pastorale, s’est déroulée le 18 juin dernier. Nous étions environ 300 à marcher vers Chaix en découvrant la vie et les œuvres du père Pierre Monnereau à travers un jeu de piste et d’énigmes.

Nous avons profité de cette journée pour remettre notre don à l’association « Ataxie de Friedrich ». En effet la somme de 1 000 € avait été collectée lors du bol de riz organisé en cours d’année au collège.

Après le pique nique, nous nous sommes rassemblés pour une célébration en plein air avant de reprendre le chemin du retour en direction du collège où un goûter nous attendait.

Ce fut un agréable moment pour tous : élèves et adultes.
Merci à tous les participants pour leur enthousiasme manifesté tout au long de la journée !

L’équipe d’animation pastorale

 

 

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Prêtre aujourd’hui…

En cette veille du dernier dimanche de juin, je me laissais aller à regarder sur internet quelques images et vidéos d’ordinations sacerdotales. En effet ce week-end, proche du 29 juin, fête des apôtres St Pierre et St Paul, auront lieu plusieurs ordinations de prêtres en France. 125 ordinations nous dit-on. Objectivement 125 c’est un bon chiffre, mais ramené sur la terrain cela ne fait que 1,3 prêtre par diocèse.

Des jeunes s’engagent et donnent leur vie à Dieu au service de l’Église dans un diocèse, et cela pour toute leur vie. C’est long une vie aujourd’hui !… Leur don est total et généreux. Là aujourd’hui ils sont entourés de leurs familles, de leurs nombreux amis. Sur les réseaux sociaux ça transpire la joie et le bonheur.

Et en même temps je voyais internet s’enflammer à propos de ce prêtre qui a giflé le bébé qu’il devait baptiser. Une vidéo vue par des millions d’internautes, le scandale, des tweets violents et haineux contre cet homme et pendant qu’on y est contre le prêtre en général et l’Église elle-même.

Même si son geste peut s’expliquer par la fatigue, l’âge (89 ans), les cris du bébé… rien ne le justifie. On est bien clair là-dessus. Mais cela n’autorise pas pour autant un tel acharnement sur lui, une condamnation péremptoire faisant fi de ce qu’a pu être toute sa vie de prêtre. Ce prêtre a peut-être fait du bien toute sa vie, loin des caméras, loin des directs, loin des lynchages par écrans interposés. Ces fruits seront oubliés parce qu’une vidéo est devenue virale. Cette société du direct devient irrespirable écrit Mahaut Herrmann, journaliste.

Certes cet événement ramène sur le devant de la scène une multitude de questions sur l’Église et la vie des prêtres, questions récurrentes, mais les balancer ainsi avec mépris et agressivité ne fera rien avancer.
Voilà, c’est ça internet : le beau et le très moche et méchant qui s’entremêlent. Le quasi-anonymat derrière lequel on se réfugie pour se laisser aller à l’injure et au dénigrement.

Alors, à la messe de ce samedi soir l’intention de prière empruntée au Pape François prenait corps et visages : « Pour que les réseaux sociaux favorisent la solidarité et l’apprentissage du respect de l’autre dans sa différence ».

Et puis, à la fin de la messe, la petite annonce en plus, celle qui n’est pas sur les feuilles. Dès les premiers mots l’assemblée est toute ouïe. Tout d’abord on nous dit que notre curé est prolongé dans sa mission de curé de notre paroisse et de la paroisse voisine. Bon, là ce n’est pas un scoop, on n’y apprend rien. Et le prêtre de poursuivre la lecture de son message : les prêtres de l’équipe pastorale de Fontenay apporteront leur soutien aux paroisses de Fontaines, Benet et Maillezais. Là, par contre, grosse surprise. Visages interrogateurs. Et le prêtre d’ajouter avec humour et sourire : « espérons que nos santés tiendront ».

Nous y voilà. On savait bien que ça viendrait un jour. Mais tant que ce jour est demain on n’y pense pas trop. Et là c’est aujourd’hui. C’est aujourd’hui que des prêtres travaillent jusqu’à pas d’âge et que, un peu plus jeunes, leur mission s’étend sur des secteurs géographiques de plus en plus vastes.

Un nouvel évêque nous arrive, il était attendu, il est bienvenu, bien accueilli. Un grand chantier l’attend…. Comment allons-nous trouver ensemble des chemins de foi et de prière sans avoir toujours besoin d’un prêtre… ou plutôt sans qu’un prêtre soit toujours indispensable ?

Prions pour les prêtres, au service de leurs frères habituellement jusqu’à 75 ans et au-delà pour encore de nombreux services. Prions pour les vocations sacerdotales. Prions pour l’Église.

Sœur Emmanuelle

Les trois messes

Comme prévu dimanche matin, je pars pour participer à la messe célébrée à la prison. Quel beau partage cette fois encore ! Les textes du jour nous introduisent dans la véritable fraternité, celle proposée en Christ, accessible à chacun de nous, sans condition, « même si en nous, l’homme extérieur va vers sa ruine ». Le célébrant nous dit la confiance que Dieu nous fait qui que nous soyons. Robert nous partage certaines réponses des prévenus sur « les conditions pour revenir à la Vie », à la fraternité proposée par le Christ : la juste distance, l’affection, la fidélité, le respect… Lors du moment de convivialité, l’un d’entre eux dit combien il est content de sa première permission de sortie, alors qu’il craignait tant. Un autre nous parle de la chaleur des cellules et du bonheur lorsque le gardien ouvre la porte pour faire de l’air. Je repars nourrie de ces rencontres.

R. me dit qu’il va à La Roche avec A. pour fêter les 200 ans des sœurs de Mormaison. Je les accompagne. Quelle joie là bas de prendre le repas avec quelques fontenaisiens ! Quel bonheur de retrouver tous ceux que je connais par ailleurs ! Quel plaisir de partager la joie des sœurs ! Je pars pour la deuxième messe de la journée à l’église Saint Louis. Quelle beauté dans cette célébration ! De nombreux prêtres concélèbrent, l’église est comble, les sœurs malgaches nous offrent une magnifique procession dansée. L’homélie de l’administrateur diocésain nous rappelle de quel Amour infini le Christ nous comble, un Amour qui surpasse tout et finalement, ne peut que susciter notre propre Amour. Le pot de l’amitié, la danse de la brioche concluent cette journée mémorable.

Le lendemain est jour de messe à la maison paroissiale. Des habitués, de plus en plus nombreux s’y retrouvent chaque lundi soir. Quel petit bijou cette messe ! A quoi cela tient-il ? Après les lectures, nous nous asseyons pour écouter avec délectation ce qu’exprime le prêtre ; en intimité, avec des mots simples mais ciselés, il nous conte les misères de Paul, les joies de tel évangéliste. Et c’est comme si c’étaient nos peines et nos joies. Il nous conte le contexte de l’époque comme si nous y étions. Il fait des ponts entre ce que nous vivons et ce qu’ils vivaient au temps de Jésus. Il nous rapproche du Christ. La liturgie eucharistique qui suit est tellement baignée de Vérité que nous faisons Unité.

Trois messes, trois prêtres différents, figures du Christ. Chacun d’eux s’adapte à son public, chacun d’eux refait à chaque célébration les mêmes gestes, redit les mêmes mots et prépare son homélie.
A l’instar de chaque personne consacrée, religieuses, religieux, laïcs consacrés, chacun d’eux par sa vie entière, invente une autre façon de dire la Joie, d’annoncer la Bonne Nouvelle d’un « Dieu éternel mort en esclave sur la croix »(1) .
Quelle Vie, quel don à l’heure où l’on nous dit qu’un prêtre catholique est assassiné tous les neuf jours dans le monde(2). Quelle audace de s’en remettre à un Dieu inattendu qui, pour nous, « se défait de lui-même pour se promouvoir » avec nous(3) . Quel culot, en plus, de vouloir passer sa vie à l’annoncer.

Il nous faut prier pour chacun de nos prêtres, il nous faut prier pour demander que d’autres vies consacrées émergent et témoignent d’un « autrement » à vivre.

Merci pour cette part d’Éternité que chaque consacré veut placer en chacun de nos cœurs.

Dominique Georges-Pinet

(1) A lire la tribune de la Croix du lundi 11 juin p.26 : « les ressources du Christianisme » (relecture de l’Evangile de Jean) de François Jullien
(2) Site internet Aleteia
(3) La croix du 11 juin : cf note 1

Une matinée à la Maison paroissiale

9 h 30, l’accueil de la maison paroissiale s’ouvre sur un beau soleil printanier…
A peine le temps de faire le tour des livres exposés (tiens, y a des nouvelles biographies de saints, ça doit être intéressant !), que le téléphone sonne..
Une célébration de sépulture est demandée… il faut réagir vite… A l’autre bout du fil, un professionnel qui a des exigences à respecter. Efficacité, rigueur, et amabilité surtout quand nous avons un contact avec une famille dans l’épreuve. Nous sommes le premier visage de la paroisse.
Quelques appels plus tard, la sonnerie de la porte retentit… une personne âgée qui, au gré d’une demande de renseignements, apprécie un petit temps de partage qui vient rompre la monotonie des jours de solitude.
Elle part juste au moment où arrive une maman avec bébé… une demande de baptême est un contact important avec une église que les jeunes parents ne connaissent pas toujours très bien… Un sourire les met à l’aise…
La matinée passe vite nous laissant entrevoir quelques moments de vie de nos frères chrétiens.
Déjà midi, je ne quitte pas la maison paroissiale comme j’y suis arrivée… je suis un peu plus riche de tout ce que j’ai reçu de visible (un bureau bien soigné, des livres bien présentés, un joli bouquet de fleurs) et d’invisible (un regard qui se lève et s’éclaire, un mot gentil, un échange en confiance)…
Qu’il est bon de se sentir au service de tous ces bénévoles qui donnent leur temps, leur énergie, leur sourire…

Sylviane Redois

Mon premier pélé avec Lourdes-Cancer-Espérance

Avec mon époux, nous sommes côte à côte pour affronter la maladie qui, diagnostiquée en juin 2010, a ouvert un chemin douloureux où il a fallu tenir le cap et persévérer malgré les hauts et les bas. Un surcroît de vie m’a été redonné avec ma rémission ; je la considère comme un cadeau et elle ouvre aussi une porte pour continuer de veiller en sachant que Dieu marche à nos côtés et qu’Il est aussi le chemin. J’ai comme une dette envers Marie, comme si elle me chargeait de témoigner autour de moi de cette paix qu’elle m’a donnée. A ceux qui sont éprouvés, j’ai envie de livrer un message d’Espérance. Ma foi s’est approfondie par tout ce que j’ai vécu, et la maladie m’a unie plus encore au Seigneur et à Marie. En 2011, je suis restée à l’hôpital 76 jours, après une récidive et de lourdes interventions. Je souffrais beaucoup. Un moment particulier est resté gravé dans mon cœur quand le 03 juin, jour anniversaire de notre mariage, tenant la main de mon mari, nous avons prié ensemble un « Je vous salue Marie ». Les jours qui ont suivi, j’ai ressenti que j’allais mieux.

Ensemble, nous avons participé à notre premier pèlerinage LCE (Lourdes-Cancer-Espérance) au mois de septembre suivant. J’ai reçu le sacrement de l’onction des malades qui, pour moi, ouvre à la vraie rencontre avec le Seigneur. J’y suis allée en portant dans le cœur une certitude : « Si tu t’en sors, la force que tu vas recevoir va te servir. Sinon, elle va t’aider à passer de l’autre côté. ». J’ai le sentiment que j’ai été rejointe par le Seigneur et, qu’à mon tour, il me faut communiquer cette force de vie que j’ai reçue.

Marie-Annick (LCE 85)

La Biennale en parabole

Pentecôte 2018 : 68ème biennale ! Encore un succès populaire !
Quels ingrédients ? Du monde, une ambiance familiale, des gens heureux de se retrouver, des bénévoles impliqués fiers (et ils ont raison) de leurs chars confectionnés patiemment, des enfants, des jeunes, des parents, des grands-parents sur ces trônes roulant d’un jour, à côté, ou derrière heureux de danser, de déambuler, le sens de la fête des musiciens d’ici ou de plus loin, la fameuse parade espagnole, et le personnel de la ville mobilisé, des élus impliqués, les « autorités civiles, militaires.. et religieuses » invitées, les forces de sécurité mobilisées, un public spectateur mais parfois acteur, et d’autres bénévoles servant place de Verdun à manger et à boire aux gens goûtant le bonheur simple d’être ensemble sous un soleil généreux.
Voilà ce que le pays de Fontenay sait faire et bien faire n’en déplaise aux adeptes du dénigrement du Sud-Vendée ! Quand les forces se rassemblent de toutes générations, de la ville et des environs, du monde politique et du monde associatif, ici on sait aussi réussir.
Ici, aussi, quand on laisse les querelles de clocher, d’ego, au vestiaire, on sait faire ensemble, sans se prendre au sérieux, mais avec bonne humeur.
Ne serait-ce pas une invitation à cultiver toujours plus cet esprit qui aime entretenir les liens, partager les talents et réunir pour gagner en force et en crédibilité ?
Les chrétiens étaient parmi tous ces participants, et c’est heureux. Je résiste à l’idée de faire un char paroissial, identifié, au risque de l’identitaire ; je préfère que chacun s’implique ici ou là avec d’autres dans le service de la vie d’une communauté humaine. Et qu’ils soient encore plus nombreux à franchir le pas en 2020 !
Je lance toutefois une idée, à qui veut bien la rattraper au vol… Et si la paroisse cherchait à tisser des liens avec les communautés croyantes des villes jumelées avec Fontenay-le-Comte, nous pourrions incarner un peu plus notre participation à cette fête de Pentecôte…
Merci à toutes celles et tous ceux qui se sont investis dans cette aventure ! La Biennale est une dame d’âge respectable mais encore toute heureuse de vivre en fraternité, de sourire et de rire ! Cultivons cet art de bâtir ensemble…

François Bidaud,
curé de la paroisse St Hilaire de Fontenay

Garder le cap de la fraternité – de l’humanité – de l’espérance

Garder le cap ! Un petit clin d’œil au lieu où se tenait l’AG de l’ACAT*  2018, en avril, au Cap d’Agde ! Destination quelquefois compliquée à atteindre dans un contexte de grève des trains, et particulièrement lorsqu’on vient de l’ouest !

Cette AG est un temps de retrouvailles entre les adhérents, un moyen de partager les expériences qui varient selon les lieux. Un temps de bilan de l’année écoulée. Constats des avancées ou des échecs afin de progresser, d’agir toujours mieux et davantage, pour la dignité de l’homme, en luttant contre la torture, pour l’abolition de la peine de mort partout, pour protéger les victimes, et défendre les demandeurs d’asile. Un temps de réflexion et de prière dans l’œcuménisme, dimension essentielle de l’association. Belle cérémonie dans la cathédrale d’Agde ! Et enfin un temps d’écoute des témoignages sur le thème retenu pour l’année. Ecoute des personnes élues qui conduisent le projet de l’ACAT, de celles qui sont candidates aux sièges à pourvoir…
Un temps fort, important, intense pendant ces deux journées.

Petite association « débutante » en 1974, l’ACAT a acquis une certaine notoriété auprès des instances nationales et internationales. Aujourd’hui, l’ACAT-France est reconnue d’utilité publique et d’éducation populaire. C’est la première ACAT du réseau international FIACAT (Fédération internationale de l’ACAT) ayant statut consultatif auprès des Nations unies. Son expertise unique, ses succès et son rayonnement international en font une ONG de référence. L’ACAT fut récemment citée par le Président Macron dans son discours pour les 500 ans de la Réforme protestante !

Chaque AG accueille une personne pour témoigner en lien avec le thème choisi. 2018 évoquait « les longues peines » dans les prisons françaises. Eric JAYAT était l’invité. Il a passé près de 20 ans en prison dont 9 ans à l’isolement total. En détention, il a passé un DUT et une maîtrise. Libéré il y a 15 ans, il est maintenant comédien. On le voit en particulier dans un film documentaire récent intitulé « Après l’ombre ». Il a été invité à témoigner dans l’émission « 28’ » sur Arte, le 5 avril dernier.
Dans une langue claire, précise, élaborée, il brosse un tableau de l’organisation pénitentiaire. Maison d’arrêt en préventive et pour les courtes peines. Centrales pour les longues peines (actes dangereux, criminels). Durant ces 20 années il a connu 27 établissements, tenté 2 évasions qui ont échoué…
« Dans les centrales, il n’y a rien à faire… rien n’est envisageable. L’administration pénitentiaire ne prépare pas les personnes incarcérées à la réinsertion, par manque de moyens en partie. Le sens de la peine n’est pas vraiment pris en compte. Or ces personnes sortiront un jour, il serait mieux pour tous qu’elles puissent se réinsérer correctement. Le cheminement en prison n’est pas une reconstruction.
Mais l’isolement total est bien pire. Il n’y a… rien ! Aucun bruit. Aucun contact sinon pour la fouille. Quelquefois, une douche ! »
Eric a dû s’arracher des dents tout seul. Pour éviter la folie, il se racontait des histoires, il les jouait… Peu à peu, tous les sens sont perturbés. Pour lui, c’est surtout le toucher, il a encore du mal à supporter le contact, cela évoque pour lui les fouilles brutales. Au bout de 9 ans, il avait perdu 40 kg, il portait une longue barbe, et n’avait aucune notion du temps passé à l’isolement… car là, il n’y a plus de temps… c’est une forme de torture acceptée de tous les acteurs. Ses codétenus l’ont beaucoup aidé par la suite. Il dit qu’il y a des efforts de faits par l’administration pénitentiaire.
« La réinsertion et la résilience ne peuvent se faire que si l’on peut se penser comme une personne, comme un citoyen. »
Dans le cas d’Eric c’est le théâtre qui l’a sauvé.

Des interventions de personnes engagées dans l’observation des lieux privatifs de liberté ont eu lieu.
Ces témoignages ont suscité beaucoup de questions, de réactions dans le public, et d’échanges avec les intervenants ! Preuve que le sujet est sensible, important. Mais il y a un énorme travail à faire !

A ce sujet comme aux autres l’ACAT reste vigilante !

Marie-France Dauce

* ACAT : Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture
Site internet de l’ACAT

 

Servir la Paix

Homélie de l’abbé François Bidaud,
mardi 8 mai 2018, église Notre-Dame (Fontenay-le-Comte)

Évangile selon St Jean 15, 5-11

En cette célébration, nous entretenons la mémoire de tous ceux qui sont morts lors des conflits de notre monde et de ceux qui meurent encore dans des pays en attente de paix.

Dans l’évangile de ce jour, Jésus prépare ses apôtres à sa passion, sa mort et son retour glorieux vers le Père. Devant la tristesse de ses amis, il leur promet la venue de l’Esprit-saint, appelé ici Défenseur.

En quoi aurions-nous encore besoin, 73 ans après la capitulation du III° Reich, d’un défenseur ? Contre quels adversaires ?

En ce 8 mai 2018, vous me permettrez une digression que j’espère pas tout à fait saugrenue. Nous pouvons espérer pour les footballeurs du PSG qu’ils puissent imaginer un dispositif de défense assez solide pour résister à l’assaut des Herbretais soutenus par les vendéens galvanisés par cet affrontement de David contre Goliath, mais je comprendrais que l’on puisse aussi espérer que la défense herbretaise tienne le siège des parisiens avec courage.

Cet affrontement pacifique m’évoque un autre match de football. C’était à Noël 1914. Il  opposait sur le front alliés et allemands dans une fraternité retissée le temps d’une trêve. Dans les jours suivants, les soldats des deux camps ne tarderont pas à être déplacés sur d’autres fronts. Comment combattre celui avec qui j’ai fraternisé ?

J’en reviens alors à la défense qu’il nous faut demander pour servir la paix.

Il nous faut nous défendre de nous-mêmes, de la tentation de croire que la fraternité est acquise, que la paix a définitivement gagné en Europe.

Nous le constatons : le terrorisme ignore les frontières, et comment ne pas rendre hommage à tous ceux qui ici et ailleurs combattent contre ce fléau ? Nous pensons au Colonel Beltrame en espérant que la bravoure et l’esprit de sacrifice dont il a fait preuve nous inspirent encore, et nous maintiennent vigilants.

Mais le terrorisme islamique nous met au défi de refonder ce qui nous lie les uns aux autres. Quel idéal, quel absolu offrons-nous à des jeunes épris de donner sens à la vie comme il sied à toute jeunesse nous interrogeant : pour quelles valeurs nous sommes prêts à donner notre vie ? À sauver des vies ? La fraternité ne peut être seulement une expression extraite de la devise de notre pays. Elle est un engagement de chacun et un horizon de sens fondateur.

Comment allons-nous relever le défi pédagogique au temps des réseaux sociaux pour combattre l’antisémitisme à la racine ? Les chrétiens ont un devoir particulier dans ce combat. Rien n’est totalement acquis. Chaque génération doit se défendre contre la tentation du bouc-émissaire désigné avec une facilité outrageante à l’heure des ‘fake-news’, des ‘influenceurs’ de l’internet visant à laisser le mépris et la manipulation tisser sa toile dans les esprits et les cœurs désignant tantôt le juif, tantôt le migrant, tantôt le gitan comme responsable de tous nos maux.

Nous avons besoin d’un défenseur qui nous garde de nous-mêmes de la tentation de croire que l’ère de Paix en Europe est acquise. Qui osera puiser à la source des Pères fondateurs de l’Europe ? Qui retrouvera les intuitions qui viennent fonder la fraternité et l’amour mutuel ? Les chrétiens ont pour leur part à réfléchir avec d’autres pour que les générations nouvelles aient la possibilité de puiser à cette source. Nous croyons que le Christ mort et ressuscité a vaincu le Prince de ce monde, l’esprit du diviseur et du menteur des origines, mais c’est notre mission de faire que cette paix s’incarne dans nos vies, dans nos cités dans nos quartiers.

Viens Esprit-saint, Viens défenseur de la Paix. Viens transformer le cœur de l’humanité pour servir résolument la fraternité.

 

Aimez-vous les uns les autres

Homélie de l’abbé François Bidaud,
dimanche 6 mai 2018, 6ème dimanche de Pâques, église Notre-Dame (Fontenay-le-Comte)

En ce dimanche qui précède l’Ascension du Seigneur, Jésus livre l’essentiel de l’évangile. Nous voici appelés à nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Nous savons que c’est bien le cœur de la vie chrétienne. Mais une chose est de le savoir, une autre est d’en vivre vraiment.
Ce matin, laissons-nous renouveler en profondeur par cet appel à aimer.
Allons à la source de l’amour, au puits sans fond de l’amour divin.
Accueillons cette joie promise par le Seigneur.
Laissons l’amour débordant de l’Esprit-saint nous bousculer !

« Aimez-vous les uns les autres ». Oui, nous reconnaissons comme premier, comme essentiel ce commandement de l’amour. Mais pourquoi faut-il que Jésus le rappelle avec force sous forme de commandement ? Aimer, ça ne se commande pas. Si on parle de sentiment, je veux bien l’entendre, quoi que cette émotion se cultive ou à défaut s’assèche. Pourtant, il faut aller plus profond que le sentiment amoureux, que l’élan premier de la foi de la jeunesse, des commencements.
Aimer se décline en commandement car cela engage tout notre cœur au sens biblique, à savoir le tréfonds de notre être, là où le sens de la vie se décide, s’assume, se forge et se fonde. Aimer, oui, mais de tout notre cœur, de toute notre force, de toute notre intelligence.
Aimer par décision : choisir de donner sa vie parce qu’il n’y a pas de plus grand amour, ainsi que le Christ nous le révèle.
Mais voilà, comment aimer sans s’épuiser ? Comment durer dans l’amour du conjoint, dans l’attention aux enfants sans risquer le burn-out, comment être aidant aimant de l’autre vulnérable, handicapé, diminué physiquement sans s’épuiser à bout de force ?
Comment aimer, non seulement par sentiment, mais par choix, par engagement qui éclaire toute notre vie, sinon en puisant à la source même de l’amour celui de Dieu pour nous ?
La 1° lettre de St Jean nous éclaire à propos en donnant à entendre ce qu’est l’amour : « voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice pour nos péchés. »
Comment pourrions-nous aimer sans avoir d’abord été aimés ?
Comment aimer sans d’abord nous laisser aimer par Dieu en son Fils ?
Il offre sa vie afin de nous libérer du péché et de nous donner d’entrer dans son inépuisable miséricorde.
Mieux, l’amour de Dieu pour nous, déployé en Jésus nous donne de vivre par Lui.
Là est la source de notre amour sans cesse renouvelé. Par Jésus vivant, nous retrouverons fraîcheur, enthousiasme, nous trouverons source pour durer, endurer, persévérer car « l’amour endure tout, supporte tout. »

Cet amour puisé en Jésus, que nous vivons dans l’amour mutuel, voici qu’il s’épanouit en joie vraie, que nul ne pourra nous ravir.
C’est le sens du commandement laissé par Jésus. « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »
Nous voici appelés à faire nôtre la joie même de Jésus ; ce qui donne joie à Jésus, voici que cela devient notre joie.
Demeurer en son amour, c’est recevoir cette joie du Fils accomplissant non pas sa volonté mais celle du Père. C’est bien sûr étonnant d’entendre ces mots de la bouche de Jésus dans l’évangile selon St Jean alors que l’envoyé du Père va bientôt entrer dans sa passion.

Et pourtant, il sait qu’il aura été fidèle jusqu’au bout ; il va par le don de sa vie ouvrir à l’humanité les portes de la joie éternelle.

Comment sa joie sera-t-elle notre joie ?
Cultivons la louange et l’action de grâce avec Jésus qui se réjouit de voir les petits découvrir les secrets du Royaume, qui aime donner la première place aux enfants, qui donne un avenir aux malades réintégrés dans la communauté, qui repère la veuve aux 2 piécettes donnant jusqu’à son nécessaire. Elle a donné « tout ce qu’elle avait pour vivre. ».
Que sa joie soit notre joie, et cette joie se nourrit d’un amour débordant.

Voici que l’Esprit-saint dépasse les frontières établies entre juifs et non-juifs. Pierre, en premier, primauté oblige, va faire l’expérience de contempler l’Esprit-saint à l’œuvre, le précédant dans la Galilée comme Jésus l’a promis. Corneille, le romain, le soldat d’occupation, c’est lui qui chante la gloire de Dieu. Nouvelle Pentecôte ! Esprit-saint, esprit d’amour débordant de toutes parts, comme un fleuve immense.
Serons-nous attentifs à cette œuvre de l’Esprit-saint autour de nous, chez nous, ou plutôt chez l’autre. Nous ne nous attendions pas à reconnaître en lui l’Esprit à l’œuvre et pourtant.
Je vous parlerai de futurs mariés, de 2 couples ; les futurs maris ne sont pas catéchisés, seulement baptisés.
Pourtant, l’un me dit : « je me sens enfant de Dieu. » Bel acte de foi, et le voici ouvert à un chemin vers la confirmation.
Un autre futur marié a cheminé lors de sa préparation et a pu communier pour la première fois à la veillée pascale.
A vous de vous redire les uns aux autres là où l’Esprit-saint vient vous surprendre.
Viens Seigneur, viens nous renouveler en profondeur, viens nous redonner l’enthousiasme et l’énergie d’aimer patiemment à la suite du Seigneur. Nous y goûterons une joie surprenante !

Pélé inter paroisses du Sud Vendée, avec les sœurs des Sacré-Cœurs

Le dimanche 22 avril, une cinquantaine de personnes dont une quinzaine d’ados et enfants prennent le départ en car pour partir en pèlerinage « Sur les pas du père Pierre Monnerau » fondateur de la Congrégation des sœurs.

Vers les Brouzils, première maison des sœurs devenue lieu de découvertes de la vie de Pierre Monnereau (1787-1856). Au rez-de-chaussée une exposition retrace sa vie : enfant il grandit dans sa famille dans une période troublée de l’histoire vendéenne. Engagé avec les siens, il sert la messe célébrée en cachette dans les bois. Adolescent un incident (une arête de poisson) vient perturber sa santé, chambouler sa vie et l’amène à se poser la question « Seigneur, que veux-tu de moi ? ». Il décide alors et annonce à son père « Je veux être prêtre ».

Il entre au séminaire de Chavagnes en Paillers et est ordonné prêtre en 1811. Il sera, entre autres, vicaire à Fontenay-le-Comte. En 1814, il devient curé des Brouzils pendant 42 ans.

Sa mission : être proche de tous, surtout des plus pauvres. Pierre Monnerau, un « précurseur » à son époque. Il crée de multiples équipes pour visiter les malades, aider les parents à être catéchistes pour leurs propres enfants. Il souhaite des religieuses pour que les petites filles puissent aller à l’école. C’est alors qu’en 1818 il crée la Congrégation des sœurs des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie. Il y a 200 ans. Bicentenaire de la Congrégation.

A sa mort en 1856, 200 religieuses sont réparties dans 48 maisons  en Vendée et les environs.

L’Église, par le pape Jean Paul II, le déclare vénérable en 1997. Les religieuses des Sacrés Cœurs, les chrétiens associés demandent sa béatification, nous faisons nôtre cette supplication.

Oui, missionnaire, il l’a été. Il a donné la tendresse de Dieu dans les cœurs. Il nous convie tous à répondre, là où nous sommes, à la quête de sens de notre vie, dans l’écoute, le partage, la prière.

Au 1er étage de la maison des Brouzils, une exposition exceptionnelle accueille des sculptures sur bois réalisées par une sœur de la Congrégation. Parcours biblique remarquable, porteur de message pour chaque visiteur sur les pas du fondateur. Cette exposition est à voir et à revoir.

Pendant notre découverte du site des Brouzils, les ados et les enfants ont vécu ce pèlerinage sous forme de jeu de piste. Ils ont parcouru 6 km environ à la recherche des calvaires dressés au carrefour des chemins, des jeux divers, des questions sur leur vie aujourd’hui.

Une halte commune nous a conduits au tombeau de Pierre Monnereau dans l’église des Brouzils.

Puis, repas pique-nique bien mérité à Mormaison dans une ambiance sympa. Mormaison où se trouve la maison mère de la Congrégation. Pour diverses raisons administratives, politiques, la reconnaissance légale de la Congrégation a été fixée à Mormaison le 22 août 1839 (du vivant du père). La maison d’origine s’est agrandie au fil du temps, avec sa chapelle aux vitraux magnifiques et si lumineux… Anne, l’archiviste de la Congrégation, nous en a retracé toute l’histoire.

80 sœurs aînées y vivent aujourd’hui, continuant leur mission adaptée à leur âge, dans ce lieu ouvert à l’accueil, avec un parc très agréable.

Un goûter offert par les sœurs fut fort apprécié. Nous terminons au Centre spirituel Pierre Monnerau à l’Épiardière. Centre d’accueil depuis 2001 ouvert à tous, enfants, jeunes adultes, religieux et religieuses, groupes… chacun peut se reposer, se ressourcer, prier.

La célébration de l’eucharistie permit à chacun de faire silence, de nous interpeller sur notre vie, et de nous souvenir des personnes (parents, enseignants, sœurs, enfants…) qui nous ont aidés à grandir et à devenir ce que nous sommes aujourd’hui.

Oui, nous sommes tous appelés (enfants, jeunes, adultes, prêtres, diacres, religieuses, laïcs). Continuons cette marche ensemble, missionnaires à notre tour.

Merci aux sœurs des Sacrés Cœurs pour l’organisation de ce pélé, à Anne notre « historienne » si proche de nous, à François notre pasteur, à chacun pour cette journée vécue ensemble, pleine d’écoute, de découverte, de partage. A refaire… il est bon de faire halte !

Avec les jeunes qui nous ont fait chanter dans le car, chantons :

Je voudrais marcher aux côtés de mon Seigneur,
sur le chemin qui mène à Dieu
Rien ne pourra m’empêcher, j’irai jusqu’au bout.
C’est le chemin de la joie…C’est le chemin de la paix
C’est le chemin de l’amour… C’est le chemin de la Vie

Mimi et Mado

Photos de la journée

NB – Prochaine rencontre : dimanche 10 juin, à La Roche sur Yon, pour la fête du bicentenaire